Après une demi-heure, un reniflement violent, à quelques mètres, nous arrête net ; une énorme et vague silhouette se dresse bruyamment, disparaît dans l’ombre. C’est l’animal. Surpris, je n’ai pas eu le temps de tirer. Sans paroles inutiles, nous repartons derrière lui en pressant le pas.
Une heure encore, et puis Paki renonce de lui-même. Le rhinocéros, depuis que nous l’avons réveillé, n’a cessé de courir. Il a maintenant une grande avance. Continuer serait vain. Nous retrouvons le sentier à midi et demi. Mon tippoy, qui nous rejoint bientôt, me ramène au village. J’ai fait au moins trente kilomètres à pied, et dans ce climat torride, c’est suffisant pour moi.
Même ainsi, sur ce siège que rien n’abrite, car pour circuler dans ce pays boisé, il a fallu enlever arceaux et natte, le soleil me paraît bien chaud. En revanche, que de joies au retour ! Le tub qui m’attend, le verre d’eau fraîche sucrée de miel que m’apporte Ahmed — il ne lui manque, à cette bonne eau, que la transparence, mais nous ne sommes pas à Paris — et le déjeuner réconfortant de Denis !
L’après-midi, repos.
Voici, puisque j’ai parlé des buffles, les points auxquels je les vise de préférence :
A. Le buffle est de profil.
1o Toute la saillie osseuse et musculaire qui accuse la région de l’épaule, et mieux encore le défaut de celle-ci ; on atteint ainsi des os dont la fracture est d’un effet décisif, le cœur ou les poumons ; si on tire un peu trop haut, la colonne vertébrale ; trop bas, il y a encore la jambe.
2o Le cou, sous l’oreille, juste au-dessous des cornes.
3o La pointe de la fesse. La verticale correspondante, jusqu’à l’articulation suivante de la jambe, en bas, et à la colonne vertébrale, en haut, offre également de bonnes chances.
Il faut remarquer que la pointe de la fesse est très en arrière, juste au-dessus de l’articulation précitée. On est tenté, en général, de tirer plus en avant.