. . . . . . . . . . aux maris si terrible,
Ce Miossens à l'amour si sensible,
Mais si léger en toutes ses amours,
Qu'il change encore, et changera toujours[ [365].
C'est Miossens[ [366], Charleval et d'Elbène que Tallemant accuse d'avoir le plus contribué à inspirer à Ninon ces principes épicuriens et irréligieux dont elle faisait profession dans sa jeunesse, et qu'elle mettait en pratique. Nous avons déjà fait mention de Charleval. D'Elbène fut d'abord capitaine-lieutenant des chevau-légers, puis chambellan de Gaston, duc d'Orléans. Il était connu par l'originalité de son esprit et son insouciance pour les affaires; et il vécut toute sa vie de ses dettes, comme un autre de ses revenus[ [367]. C'est Miossens qui, par son faste, donna le plus d'éclat aux déréglements de Ninon. Cependant il fut promptement supplanté près d'elle par le jeune duc d'Enghien (depuis le grand Condé), tout resplendissant alors des premiers lauriers de la victoire. C'est ce que Saint-Évremond rappelle encore à Ninon dans la pièce de vers que nous avons déjà citée:
Un maréchal, l'ornement de la France,
Rare en esprit, magnifique en dépense,
Devint sensible à tous vos agréments,
Et fit son bien d'être de vos amants.