On en composa un nouveau pour l'hiver suivant. Il était intitulé: la Naissance de Vénus. Le duc de Saint-Aignan en était l'inventeur; Benserade avait mis ses idées en vers; Vigarani avait construit les décorations; les deux plus fameuses cantatrices de l'époque, mademoiselle Hilaire et mademoiselle Christophe, y faisaient entendre leurs voix. Mademoiselle de Sévigné, sous le costume d'Omphale, figurait avec le roi dans la dernière entrée de ce ballet. Les vers de Benserade que l'on y récitait à la louange de la jeune Omphale contenaient aussi un éloge de sa mère; et tout le monde applaudissait le poëte qui, au milieu de tant de licence, rendait justice à la vertu, et savait être flatteur sans flatterie.

Pour mademoiselle de Sévigny,
Omphale.

Blondins accoutumés à faire des conquêtes,

Devant ce jeune objet si charmant et si doux,

Tous grands héros que vous êtes,

Il ne faut pas laisser pourtant de filer doux.

L'ingrate foule aux pieds Hercule et sa massue;

Quelle que soit l'offrande, elle n'est point reçue:

Elle verrait mourir le plus fidèle amant,

Faute de l'assister d'un regard seulement.