Le lit desdites femelles

Soit les deux côtés sans ruelles,

Et qu'il soit mesmement placé

Sans être du tout exaucé.

Cette conclusion hostile y est répétée trois fois.

On lit dans le Jeu poétique, à M. des Yvetaux, du père Le Moine:

On n'y voit point le sang des races dévorées,
En estrades d'ivoire, en alcôves dorées.

(Recueil des plus belles Pièces des Poëtes françois, 1692, in-12, t. III, p. 337.)

Cet exhaussement des lits était fort ancien; et Sauval, t. II, p. 280, remarquant que dès le règne de Charles V les lits étaient placés sur une estrade, ajoute: «Par là il se voit que sous Charles V les alcôves, dont les dames «de notre siècle s'attribuent l'invention, étaient en usage.» Non; car l'estrade seule ne constitue pas l'alcôve. Ainsi ce passage de Sauval, au lieu de contredire l'assertion de Tallemant, la confirme, puisqu'il nous apprend que l'usage des alcôves était récent, et qu'on en attribuait l'invention aux femmes. Scarron, dans ses œuvres, parle plusieurs fois des alcôves: «Il y avait des meubles, des alcôves, des estrades, et une provision de bonne senteur.» (Le Chastiment de l'Avarice, dans les Dernières Œuvres de Scarron; 1700, in-12, p. 112.)

Les tapis chinois sont foulés
Dans leurs alcôves bien meublés.