Ce nom d'Amboille ou Amboile a occasionné de fortes méprises de la part de nos rédacteurs de dictionnaires géographiques de la France, et sur nos cartes. Amboille est un hameau près de Paris, entre Chenevière et Noiseau, par delà le parc ou bois de Saint-Maur. Amboille, vers le milieu du XVIIIe siècle, en 1745, ne contenait que trente-huit feux, et formait cependant une paroisse distincte de celle de Noiseau, qui, sur le coteau opposé, n'en est séparée que par un ruisseau. Il est souvent fait mention d'Amboile sous le nom d'Amboella, dans les titres du XIIe siècle; mais l'héritier d'Olivier Lefèvre d'Ormesson ayant réuni à la terre d'Amboile celle de Noiseau et de la Queue, on laissa le nom d'Amboile au lieu où se trouvait le château d'Ormesson, et l'on attribua le nom d'Ormesson à Noiseau. (Voyez la carte des environs de Paris, de dom Coutance, no 11.) C'était une erreur: la carte de France dressée récemment par l'administration de la guerre (no 48, Paris) a fait disparaître le nom d'Amboile et inscrit en place Ormesson, et n'a rien ajouté au nom de Noiseau. Amboile se trouve encore sur la carte de Cassini (no 1, Paris), ainsi que Noiseau, tous deux sans le nom d'Ormesson; mais, dans le Dictionnaire universel de la France, de Prudhomme, il n'en est pas même fait mention. Sous le nom d'Ormesson, le compilateur a confondu l'Ormesson de la paroisse d'Amboile avec le lieu du même nom qui se trouve près de Nemours.—Valois a aussi omis Amboile, Amboella, dans sa notice du diocèse de Paris. Hurtaut, dans son Dictionnaire historique de la ville de Paris, t. I, p. 244, dit que c'est un village situé près de Villeneuve-Saint-George, et il en est éloigné de près de douze kilomètres. Ainsi le nom de ce lieu, important pour l'intelligence des écrits du XIIe et du XIIIe siècle, deviendrait, si on n'y mettait ordre, un desiderata en géographie. Cependant la famille d'Ormesson est encore, au moment où j'écris, propriétaire de la seigneurie d'Amboile, et y réside. Il y a une église à Amboile ou Ormesson, mais elle est moderne. Le château est curieux; il fut, dit-on, construit par Henri IV pour une demoiselle de Centeny ou Santeny, dont il était amoureux; son portrait y est encore comme en 1758, au temps de l'abbé le Boef, qui rapporte cette tradition, souvent reproduite depuis, sans qu'on ait encore découvert rien qui la justifie. (Conférez le Boef, Histoire du diocèse de Paris, t. XIV, p. 38 à 385.)

Page [136], ligne 4: Épouse du marquis de la Fayette; et en note, ligne 26: Delort, Voyage aux environs de Paris, t. I, p. 217 à 224.

La huitième des Lettres de madame de la Fayette, publiée par Delort, indiquée par cette citation, était depuis longtemps publiée lorsque M. Sainte-Beuve l'a redonnée, d'après le manuscrit, comme inédite, dans la Revue des Deux Mondes (t. VII, p. 325, 4e série, 5e livraison, 1er septembre 1836).

Page [136], ligne 15: Jean-Baptiste Adhémar de Monteil de Grignan, coadjuteur de son oncle l'archevêque d'Arles.

Je présume que c'est à celui-ci qu'est dédié un petit ouvrage de Pontier, prêtre et docteur en théologie, intitulé le Fare de la vérité; à Paris chez Michel Vavyon, 1660, in-12.—La dédicace commence ainsi: A monsieur de Grignan, abbé de Notre-Dame d'Aiguebelle; et à côté sont gravées, sur une feuille à part, les armes de la maison de Grignan, presque en tout semblables à celles que M. Monmerqué a fait graver dans son édition de Sévigné.

Pontès dit, dans cette dédicace:

«Monsieur,

«Vous tirez la naissance d'une maison dont l'ancienne grandeur est connue de toute la terre... Elle reluit encore aujourd'hui d'une manière extraordinaire en la personne de ses deux princes de l'Église, d'Arles et d'Uzez.»

Jean-Baptiste de Grignan, en 1660, étudiait probablement en théologie et recevait peut-être des leçons de Pontès.