Dans toutes les éditions des Lettres de madame de Sévigné (même celle de 1754, t. III, p. 35) on a imprimé, dans la lettre du 31 mai 1675: «L'abbé de Grignan reprendra le nom qu'il avait quitté depuis vingt-quatre heures, pour se cacher sous celui d'abbé d'Aiguebère.» Il faut lire l'abbé d'Aiguebelle. L'édition de 1754 est la première où cette lettre ait été donnée et où se trouve la faute: les éditeurs suivants s'y sont conformés.
Page [140], lignes 6 et 7: Avait perdu sa première femme, Angélique-Clarice d'Angennes, en janvier 1665.
Voilà pourquoi, dans une édition du troisième acte de la traduction du Berger fidèle de Guarini (Gabriel Quinet, 1665, in-12), l'auteur, dans la dédicace au comte de Grignan, le félicite de s'être allié «à une maison qui a toujours été l'asile des Muses, de l'honneur et de la vertu,» ce qui désigne les d'Angennes de Rambouillet, et non les Sévigné, comme l'a cru le savant auteur du catalogue de la bibliothèque dramatique de M. de Soleinne, p. 60. Voyez la seconde partie de ces Mémoires, p. 381, note du chapitre IV de la première partie.
Page [140], lignes 10 et 11: La seconde femme qu'il avait épousée était d'une noblesse encore plus ancienne, quoique moins illustre que les d'Angennes.
La famille du Puy du Fou prétendait descendre de Renaud, seigneur du Puy du Fou, qui épousa Adèle de Thouars, fille d'Émery, vicomte de Thouars, en 1197, sous Philippe-Auguste.—Voyez le tableau cité.
Page [140], ligne 26: A cette époque, le gouvernement militaire du Languedoc.
Le gouvernement civil et financier de cette province était, comme celui de toutes les autres provinces, confié à un ou deux intendants. De 1665 à 1669, il y en eut deux, M. de Besons et M. de Tubœuf; de 1669 à 1673, M. de Besons fut le seul intendant; de 1674 à 1687, ce fut M. d'Aguesseau; de 1687 à 1719, M. de Basville. Conférez l'Essai historique sur les états généraux de la province de Languedoc, par le baron Trouvé; 1818, in-4o, chap. XIX, XX et XXI, p. 161, 191, 200, 211.
Page [141], ligne 17: Que vous connaissez il y a longtemps.
Sur ces mots, M. Monmerqué, t. I, p. 154, de son édition des Lettres de Sévigné, a mis cette note: «Mademoiselle de Sévigné avait vingt et un ans, le comte de Grignan trente-neuf.» Je crois qu'il y a erreur dans ce dernier chiffre soit de la part de l'imprimeur, soit de celle de l'auteur.—Saint-Simon, dans ses Mémoires (chap. V, t. XII, p. 59), dit, sous l'année 1715: «Le comte de Grignan, seul lieutenant général en Provence et chevalier de l'Ordre, gendre de madame de Sévigné, qui en parle tant dans ses Lettres, mourut à quatre-vingt-trois ans, dans une hôtellerie, allant de Lambesc à Marseille.» Donc le comte de Grignan était né en 1632, et au commencement de l'année 1669 il ne pouvait avoir que trente-sept ans accomplis ou trente-six ans et quelques mois; ce qui fait soupçonner que, dans la note de M. Monmerqué, le 9 est un 6 retourné. Madame de Grignan avait, lors de son mariage, vingt-trois ans et non vingt-deux ans; il n'y avait donc que douze ans de différence entre elle et son mari.