Page [371], lignes 16 et 17: Molière lui lira samedi Trissotin.
On a écrit (voyez Taschereau, Histoire de Molière, 3e édit., 1844, grand in-12, p. 256) que, lors des premières représentations des Femmes savantes, le personnage de Trissotin portait le nom de Tricotin, pour que la satire contre l'abbé Cotin, dont ce rôle était l'objet, en pût ressortir sans aucun détour. Mais la lettre de madame de Sévigné semble être contraire à cette assertion peu vraisemblable, puisqu'elle désigne ce rôle, et par ce rôle toute la pièce, par le nom de Trissotin, qui est le seul qu'on trouve dans la pièce imprimée. Les Femmes savantes furent jouées le 11 mars 1672 (Taschereau, Histoire de Molière, 3e édition, p. 169). La lettre de madame de Sévigné est datée du mercredi 9 mars, c'est-à-dire de deux jours antérieure à la représentation, qui eut lieu le vendredi: ainsi dès lors le rôle portait le nom de Trissotin. La lecture de cette pièce par Molière, annoncée dans la lettre de madame de Sévigné pour le samedi 12 mars, n'eut probablement pas lieu, puisque le jour fixé au samedi était le lendemain même de la représentation. Cette pièce fut achevée d'imprimer le 10 décembre 1672, comme nous l'apprend le catalogue de la Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne, no 1296, p. 298. La mention de cette édition manque dans la bibliographie de Molière, de M. Taschereau.
Page [378], ligne 7: Pour laisser écrire dans ses lettres.
Surtout par Corbinelli. Des lettres de Corbinelli à Bussy, qui se trouvent dans la correspondance de ce dernier, il n'y en a qu'un petit nombre qui portent le nom de Corbinelli; il y en a beaucoup qui n'ont que l'initiale du nom C***; enfin il y en a sans initiale. Un lecteur familiarisé à la lecture des auteurs de ce siècle les reconnaît facilement. Toutes sont très-mal rangées, ainsi que toute cette intéressante correspondance, qui mériterait bien de trouver un éditeur savant et intelligent.
CHAPITRE XIX.
Page [387], ligne 12: Ce fut une grande joie pour madame de Sévigné lorsque de Pomponne...
Nous apprenons par le Portefeuille de Dangeau, manuscrit de la Bibliothèque du Roi, A, 253, que de Pomponne fut nommé secrétaire d'État, en remplacement de M. de Lyonne, le 10 septembre, et qu'il prêta serment le 12 septembre; la lettre de madame de Sévigné, qui donne cette nouvelle à sa fille, est datée du 13 septembre. Il ne faut pas confondre les Portefeuilles de Dangeau que nous citons ici et que nous citerons peut-être encore avec le Journal de Dangeau; c'est tout autre chose.
Page [396], ligne 4: Les lettres les plus remarquables qu'elle ait écrites.
Deux de ces lettres étaient ainsi désignées, la lettre sur le cheval et celle sur la prairie. Cette dernière est, comme on l'a très-bien remarqué, celle qui est relative au renvoi de Picard (du 22 juillet 1671) et où madame de Sévigné explique si agréablement à son cousin de Coulanges, tout à fait étranger, comme un vrai citadin, aux travaux ruraux, en quoi consiste l'opération du fanage.