Quoique M. de Bausset ait souvent cité les lettres de la Vallière publiées par l'abbé Lequeux (Lettres de madame la duchesse de la Vallière, avec un abrégé de la vie de cette pénitente, 1747, in-12), je crois peu à leur authenticité. Plusieurs ont été certainement fabriquées, et peut-être sont-elles toutes de l'invention de l'abbé Lequeux, qui en est, dit-on, l'éditeur anonyme. A quel homme bien instruit des choses et des personnes de ce temps persuadera-t-on que la Vallière a pu écrire la lettre 14, p. 17, et bien d'autres qu'il serait facile de citer?
Page [94], ligne 13: Montespan, à peine relevée de sa dernière couche, ne pouvant danser, etc.
Il est probable que mademoiselle de Nantes fut légitimée peu après son baptême: nous savons que ce fut en décembre, et madame de Sévigné nous apprend (lettre du 8 janvier 1674) que les bals de Saint-Germain commencèrent dès les premiers jours de janvier.
Page [97], ligne 18: Louis XIV était incapable de faire souffrir à celle qu'il avait tant aimée, etc.
Il ne faut pas croire, par ce que dit madame Élisabeth de Bavière dans ses lettres, dont les fragments ont été intitulés Mémoires, que Louis XIV ait insulté à la douleur de la Vallière (voyez p. 55, édit. 1832, in-8o). Il était incapable d'aussi ignobles procédés. Ces Mémoires n'ont rien d'authentique. On sait que ce sont des extraits des huit cents lettres de cette princesse qui se sont trouvées dans la succession de la duchesse de Brunswick, morte en 1767, et écrites par la duchesse d'Orléans à la princesse Wilhelmine-Charlotte de Galles et au duc Antoine-Ulrich de Brunswick. Élisabeth-Charlotte, princesse Palatine, resta toujours Allemande à la cour de France, et accueillit sans discernement les bruits les plus vulgaires et les plus désavantageux sur les personnes qui s'y trouvaient. Cependant ces extraits de lettres contiennent des détails très-curieux; mais il faut les lire avec défiance; et, pour les écrivains qui manquent de critique, ils sont une mauvaise source pour l'histoire.
Page [103], lignes 15 et 16: Elle obtint... que la marquise de la Vallière fût mise dans le nombre des nouvelles dames d'honneur.
Louis XIV, dans la lettre citée (au camp devant Besançon, le 23 mai 1674), refusa à la reine de Portugal une demande semblable en ces termes: «Toutes les places des dames établies auprès de la reine furent remplacées par le dernier choix, et c'est un nombre fixe qu'on a résolu de ne point passer. Il n'est pas besoin de dire à V. M. que celle qui fut depuis accordée à ma cousine la duchesse de la Vallière ne fait pas conséquence: elle juge assez qu'une conjoncture comme celle de sa retraite ne permettait pas de lui refuser cette consolation.»
Page [105], ligne 12: Le troisième dimanche de la Pentecôte.
Ce troisième dimanche, jour de la parabole du bon pasteur, était, en 1674, le 3 juin, et non le 2, comme le dit l'abbé Lequeux dans son Histoire de madame de la Vallière, p. 54. La date du 9 juin, donnée par M. de Bausset, Histoire de Bossuet, t. II, p. 36, est encore plus fautive.
Page [106], ligne 3: Les regrets qu'elle éprouvait de ne s'être point trouvée, etc.