La lettre de madame de Sévigné, datée du mercredi 5 juin 1674, a été commencée le mardi 4; car elle dit: «La Vallière fit hier sa profession de foi.» Cette date est parfaitement d'accord avec celle que donne l'abbé Lequeux, Histoire de la Vallière, p. 59, où il est dit qu'elle fit profession le lundi de la Pentecôte, 3 juin; ce qui est exact pour l'année 1675. M. de Bausset se trompe quand il dit que ce fut le 26 juin 1675. Le 26 juin 1675 était un mercredi, et ne correspond à rien. (Voyez Histoire de Bossuet, liv. V, édit. in-12, t. II, p. 36 de la 4e édition, revue et corrigée.)
Cela d'ailleurs ne peut être douteux d'après ce qu'on lit dans la lettre d'une des religieuses compagnes de la Vallière, dont je parlerai dans la note suivante: «Elle vit arriver avec joie le temps de sa profession; elle la fit au chapitre, selon notre usage, le troisième de juin 1675. La reine honora cette cérémonie de sa présence: le concours du monde fut encore plus grand que le jour qu'elle avait pris l'habit.»
Page [110], ligne 20: C'est dans son cloître, au pied des autels, que la Vallière a préparé, etc.
La vie de la Vallière comme religieuse fut racontée, le jour même de son décès (6 juin 1710), dans une lettre de ses compagnes, nommée Magdeleine du Saint-Esprit. Cette lettre fut adressée à la supérieure des Carmélites, ensuite imprimée et envoyée à toutes les supérieures de l'ordre en juillet 1710. Madame de la Vallière avait écrit des Réflexions sur la miséricorde de Dieu, par une dame pénitente. Elles furent publiées sous le voile de l'anonyme, et à son insu (Paris, Dezallier, 1685, in-12 de 139 pages). Une nouvelle édition augmentée fut donnée en 1726 (Paris, Christophe David, in-12 de 240 pages). L'augmentation consiste en quelques prières tirées de l'Écriture sainte et un Récit abrégé de la sainte mort et de la vie pénitente de madame la duchesse de la Vallière. Ce récit est un plagiat: l'auteur a transcrit la lettre de la sœur Magdeleine du Saint-Esprit, dont il a gâté la touchante et sublime simplicité par des phrases de prédicateur. Cette lettre, devenue rare, a été réimprimée dans l'Annuaire de l'Aube de 1849, avec quatre autres lettres inédites très-courtes de madame de la Vallière, dont les autographes appartiennent à la bibliothèque et aux archives de Troyes: l'une est adressée à l'abbesse Anne de Choiseul-Praslin et datée du 13 mai 1688, et les trois autres à Denis Dodart, médecin et membre de l'Académie des sciences, que le caustique Gui Patin et le philosophe Fontenelle s'accordent à louer comme un des hommes les plus savants, les plus pieux et les plus charitables de leur temps. (Lettres de Gui Patin; Paris, Baillière, 1846, in-8o, t. III, p. 231.)
«La Vallière mourut à l'heure de midi, le 6 juin 1710, âgée de soixante-cinq ans dix mois, et trente-six ans de religion.» Récit abrégé de la vie pénitente, p. 234.
Page [111], ligne 6: Elle sait bien aimer.
Madame de Caylus nous apprend, à l'endroit cité, que cette réflexion fut faite à l'occasion de l'aîné des enfants du roi et de madame de Montespan, qui mourut à l'âge de trois ans.
Page [111], ligne 8: Cette femme lui déplaisait souverainement, parce qu'elle plaisait trop à sa maîtresse. (Sur la lettre de madame de Coulanges à madame de Sévigné, du 20 mars 1673.)
Il y a dans l'édition des Lettres de madame de Sévigné, de M. de Monmerqué, une note du savant éditeur (t. II, p. 75, édition 1820) à laquelle M. Rœderer, dans son Histoire de la société polie, aurait dû bien faire attention. C'est au sujet de ce passage remarquable: «Nous avons enfin retrouvé madame Scarron, c'est-à-dire que nous savons où elle est; car pour avoir commerce avec elle, cela n'est pas aisé. Il y a, chez une de ses amies, un certain homme qui la trouve si aimable et de si bonne compagnie qu'il souffre impatiemment de son absence.» On a interprété ces derniers mots en supposant que ce certain homme était Louis XIV; mais après avoir fait observer que la faveur dont a joui madame de Maintenon auprès de Louis XIV n'a pu commencer qu'en 1675, ou au plus tôt en 1674, puisqu'il est bien constaté qu'avant cette époque le roi prit presque en aversion la veuve Scarron, M. de Monmerqué présume très-judicieusement que cet homme si épris était Barillon. Et c'était sans doute un ancien ami, puisque madame de Coulanges ajoute immédiatement: «Elle est cependant plus occupée de ses anciens amis qu'elle ne l'a jamais été: elle leur donne, avec le peu de temps qu'elle a, un plaisir qui fait regretter qu'elle n'en ait pas davantage.» Deux lignes plus loin, madame de Coulanges mentionne le roi, pour dire «qu'ayant vu l'état des pensions il trouva deux mille francs pour madame Scarron, et mit deux mille écus.» C'était la juste récompense de ses soins.
Page [111], note: Souvenirs de madame de Caylus.