Ces Mémoires, qui ont été publiés par Prosper Marchand, commencent à l'année 1665, se terminent en 1667, et sont suivis d'une relation du siége de Wesel. Ils auraient dû être réimprimés dans la grande collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France. On n'y voit nulle trace de cet esprit guindé que madame de Sévigné blâme dans le comte de Guiche: ils sont écrits d'un style fort naturel.—L'article du comte de Guiche, dans le Dictionnaire de Prosper Marchand, est excellent et très-complet. Il a été abrégé dans la Biographie universelle.
Page [124], lignes 22 à 24: Malgré la réunion des talents qui contribuaient à sa réussite, il (l'Opéra) causa, dans la nouveauté, plus d'admiration que de plaisir.
Il est à remarquer que dès l'origine la France, dans l'opéra, surpassa l'Italie pour la danse et les ballets, la composition et l'intérêt des poëmes, mais qu'elle fut, malgré tous les efforts et les grandes dépenses faites par son gouvernement, inférieure à l'Italie sous le rapport du chant, de la musique, des décorations et des machines. Je crois qu'il en est encore ainsi. L'épître de la Fontaine à M. de Nyert est une satire spirituelle contre l'Opéra; elle aurait été plus mordante si le bonhomme n'eût pas eu crainte de déplaire au monarque. Nous avons rapporté le jugement de l'abbé Raguenet sur l'Opéra dans notre édition de la Fontaine, t. VI, p. 112. Quarante ans plus tard, Thomas Gray, qui avait vu l'Italie, était de la même opinion que cet abbé. (Lettre à M. West; Paris, 12 avril 1739.)—On sait ce que Rousseau a écrit sur notre musique. Mais il n'en est plus ainsi depuis que l'Opéra a perdu son privilége exclusif, et que, par l'établissement d'un théâtre, les Italiens ont formé les oreilles françaises à leur mélodie.
Page [134], lignes 8 et 9: La conquête de la Franche-Comté ne fut complétée que le 5 juillet.
Le roi était revenu avant la fin des opérations militaires, et il se hâta de donner des fêtes pour célébrer sa nouvelle conquête.
Ces fêtes employèrent six jours, mais non consécutivement.
Elles commencèrent le samedi 4 juillet (1674)[ [888]. Ce fut la première année où Versailles parut dans toute sa pompe. Il avait reçu bien des embellissements depuis que la Fontaine en avait célébré l'éclat et les merveilles dans son roman de Psyché. Le château avait été terminé[ [889], ainsi que Trianon.
C'est à Trianon que, le second jour de ces fêtes, on représenta l'Eglogue de Versailles.
La troisième journée, qui fut la plus brillante de toutes, se passa à la Ménagerie. On y représenta le Malade imaginaire de Molière, devant la fameuse grotte des bains de Thétis, nouvellement achevée[ [890].
Ce fut dans le petit parc que l'on représenta les Fêtes de l'Amour et de Bacchus, premier résultat de l'alliance de Quinault, de Lulli et de Vigaroni pour donner au spectacle de l'Opéra français la forme qu'il a conservée depuis[ [891]. Dans cette pastorale de Quinault, il y a une imitation charmante du dialogue d'Horace et de Lydie, bien préférable à celles que l'on a faites depuis.