REMARQUES.

1o Cet exemple prouve ce que nous avons dit: 1o que les lettres serviles sont passées devant la racine; 2o que la première lettre radicale est devenue fermée, parce que son a syllabique la précède; 3o que la seconde radicale change a en o; à quoi il faut ajouter que la troisième radicale qui manque de voyelle dans l’arabe vulgaire, prend o dans l’arabe littéral, où l’on dit ïanʓoro, tanʓoro, anʓoro, nanʓoro, et après les n, vient a final, ïanʓorωn-a, tanʓorωn-a, et tanʓorn-a.

2o L’équivoque qui existe entre la première personne féminine, elle voit, et la seconde masculine, tu vois, taor, pour les deux, est un défaut qui ne se remédie qu’en appliquant le pronom de chacune,

hi taor, elle voit.

ent taor, tu vois. masc.

3o Dans le littéral le futur se distingue du présent par la particule sa placée devant le mot, et rien n’empêche d’en adopter dans le vulgaire l’usage qui est simple.

s’ïanʓoril verra.
hi sat’anʓorelle verra.
ent sat’anʓortu verras. masc.
sat’anʓoritu verras. fém.
s’anʓorje verrai.
s’ianʓorωnils verront.
s’tanʓornelles verront.
sat’anʓorωnvous verrez. masc.
sat’anʓornvous verrez. fém.
san’anʓornous verrons.

L’impératif n’est caractérisé que dans la seconde personne singulière et plurielle.

onʓorvois. masc.
onʓorivois. fém.
onʓovoyez. comm.

Le reste des personnes se conjugue comme au présent en faisant précéder la particule l’ qui signifie que et pour que.