L’HÉBREU
SIMPLIFIÉ
PAR LA MÉTHODE ALFABÉTIQUE.
NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
§ Ier
Qu’est-ce que l’Hébreu ou l’Idiome hébraïque?
Voila sans doute la première question sur laquelle je dois des éclaircissemens au lecteur.
Tant que nous autres Européens n’avons connu, en matière de langues, que nos livres classiques grecs et latins, nous n’avons su que répéter les assertions de nos docteurs, calquées sur les hypothèses, pour ne pas dire les rêveries du Talmud et de la Masore; aujourd’hui que nous commençons à connaître les langues de tout notre globe (au nombre d’environ six cents), nos nouveaux maîtres, plus modestes et non moins savans, s’accordent à répondre à notre question:
Que «l’hébreu ou idiome hébraïque est l’un des dialectes d’un vaste système de langage qui, de temps immémorial, paraît avoir régné dans les trois Arabies, dans la Syrie, la Mésopotamie, la Chaldée, c’est-à-dire dans tout cet espace de pays que bornent au nord les montagnes de l’Arménie, à l’est celles de la Perse, et du reste, les mers Persique, Arabique et Méditerranée: ainsi ce système, désigné par les Allemands sous le nom de langage sémitique ou araméen, a occupé une espace égal aux deux tiers de l’Europe (environ 170,000 lieues carrées de terrain).»
Le témoignage des anciens est formel à cet égard; l’érudit et judicieux géographe Strabon, né dans l’Asie Mineure, presque en pays syrien, nourri de la lecture des nombreux historiens d’Alexandre et des savans de l’école d’Alexandrie, disait, il y a dix-huit siècles[140]: