Il y a cependant des exceptions puisque NoQI (innocence) fait NoQi-I, mon innocence; NoQiî-Ka, ton innocence; NoQii-Nω, nos innocences; NoQii-Kem, vos innocences, etc.
Si le mot singulier termine en h, il subit des variations diverses selon qu’il est masculin ou féminin: par exemple ҤeKMaH, sagesse, mot féminin, se dit ҤeKMaT-i, sagesse mienne; ҤeKMaT-Nω, sagesse notre; ҤeKMaT-Ka, sagesse tienne, etc. Ainsi, à tous les cas le t remplace le h: même chose a lieu en arabe et en syrien.
Il n’en est pas ainsi quand le mot est masculin: par exemple, pour ŠaDeh (un champ), on dit: ŠaDi, mon champ; ŠaD-Nω, notre champ; ŠaD-Ka ou ŠaD-aK, ton champ; ŠaD-hω, son champ, etc.: ŠaD-î, mes champs; ŠaDÎ-K, tes champs; ŠaDÎ-Hem, leurs champs, etc.
L’on voit ici que le H radical s’élide par euphonie ou douceur de prononciation. Ces exemples suffisent à indiquer ce mécanisme: il appartient au dictionnaire de spécifier ce qui convient à chaque mot. Si l’on en voulait croire les grammairiens, en déclinant chaque mot, il faudrait changer les petites voyelles et dire dabar, parole; debar-i, ma parole: SeFeR, livre; SiFR-i, mon livre; SiFRê-Kem au lieu de SiFRî-KêM, vos livres. Ces changemens sont sans utilité ni autorité; le mot une fois établi, soit au singulier soit au pluriel, on ne doit point le changer. MaLeK, roi, reste malek à tous ses cas singuliers en prenant ses possessifs mon, ton, etc. De même malek-im au pluriel. Si la langue était parlée, l’usage nous réglerait; mais puisqu’elle est morte, tenons-nous-en au plus simple.
CHAPITRE III.
Des Pronoms Démonstratifs, Relatifs et Interrogatifs.
1o Pronoms démonstratifs: