L’aK ou Le Ka, à toi homme; l’eK ou l’eKi à toi femme (ton, tien).
Le KeM, à vous hom. Le KeNN, à vous fem. (votre).
Le HeM, à eux. Le HeNN, à elles (le leur).
Quand ces possessifs s’appliquent à un nom de chose, voici la forme qu’ils prennent: par ex.
Le mot ṢR ou ṢaR signifie ennemi: l’on dit:
| ṢaR-I | ennemi | mien. | ṢaR-Nω | ennemi | notre. | ||||||
| ṢaR-aK | sien. hom. | KeM. | votre, | m. | |||||||
| ṢaR-eK | tien. fem. | KeN. | f. | ||||||||
| ṢaR-ω | tien. hom. | ṢaR-eM. | leur, | hom. | |||||||
| ṢaR-aH ou eH | sien. fem. | ṢaR-EN. | leur, | fem. | |||||||
On voit que le mot ne change pas, et que les possessifs s’y adaptent par un mécanisme très-simple.
Cette simplicité persiste tant que le mot finit par une consonne; mais s’il finit par une voyelle ou par h doux, le choc des voyelles donne lieu à des variations qui ont pour but ce qu’on appelle euphonie, l’adoucissement de la prononciation.
Ce cas a lieu même avec la finale IM qui, en hébreu, caractérise le pluriel des noms masculins. Par exemple, ṢaR, ennemi, au singulier, fait ṢaR-iM au pluriel; il semblerait simple de dire ṢaR-iM-i, mes ennemis; l’usage ne l’a pas voulu. Les Hébreux comme les Latins paraissent avoir nasalé le m, et avoir prononcé comme nous, in pour im: ce qu’il y a de sûr c’est qu’ils élident ici le m comme font les Latins dans monstr(um) informe, et de plus ils le déclinent: ils disent ṢaRi-i, mes ennemis, au lieu de ṢaRîm-i; MaLaKII, mes rois, au lieu de MaLaKiM-i.
Ce redoublement de ï n’aura sans doute été marqué dans la prononciation qu’en rendant l’i plus long, et en appuyant sur lui. Or, comme l’écriture orientale n’admet pas volontiers le redoublement d’une même lettre, les rabbins l’ont indiqué en ajoutant le signe de petit i (ou hireq) au grand I (iod) ce qui fait î plus i.