Ces divers emplois indiquent déjà que cette aspiration He est un signal naturel du parleur pour appeler l’attention de l’écouteur sur un sujet, ainsi qu’il se pratique presqu’en tout pays, et ainsi que je l’ai trouvé chez les sauvages d’Amérique. Les emplois suivans confirment cette idée: on dit Le năR He iωleD, à l’enfant qui naîtra (ou naissant); ASaF, He NoBa-ASaF, le prophétisant; ou qui prophétisa; He HaLe-KiM, les allans; He NiRaH, celle qui a été vue; He NiMKaRiM, les vendus.
Il s’emploie en signe d’interrogation.
He ŠoMeR aҤ-I aNoKI?—Eh, gardien de frère mien, moi (suis-je)? He N’āŠeH aH DaBeR-ω? Eh! ferons-nous sa parole (lui obéirons-nous)? H’aTaH ZeH BeN-i.—Eh! toi? ce fils mien? (es-tu mon fils)? Il est le signe propre du vocatif, He DaωD, ô David; (nous disons hê David. Tous emplois conformes à l’idée et à l’acte d’exciter, d’appeler l’attention par un bruit qui n’a que cet objet; supposer, comme quelques hébraïsans, qu’il est diminutif de Hωa, est une chimère).
Placé à la fin des mots ce même eH ou He prend deux autres valeurs: en certain cas, il signifie vers; par exemple HaBRωN-eH, vers Hébron.
En d’autres cas, il devient le signe du genre féminin, c’est-à-dire qu’étant ajouté à un mot masculin, il le convertit en féminin; par exemple, de MaLeK (roi), on fait MaleK-eh ou mal’Kah, reine; de GaDωL (grand), on fait GaDωL-aH (grande)[179].
[179] Remarquez ici que de BeN (fils) on eût dû faire BeNeH (fille), ou BeNeT (puisque H devient T): pourquoi l’hébreu dit-il BeT, quand l’arabe a conservé BeNT? n’est-ce pas que l’N aurait ici disparu par une altération populaire, comme il a disparu de l’hébreu AT dans le mot ANT (toi) conservé par le syrien et l’arabe? tout cela ne tend-il pas à confirmer l’origine populaire que j’ai indiquée à ce dialecte?
Une seconde particule—B—prononcée be devant toute consonne, et B’ devant les voyelles pour éviter hiatus. Be dans son sens le plus général, correspond à nos mots, dans, en, à, aux, pour, par.
be-rašit, au commencement, ou dans le principe.
ҥaRaB Be ҥarb ou ҥorb, il a ravagé dans l’épée, c’est-à-dire par l’épée.
iaDω Be KŭL, sa main sur tous, au lieu de contre tous.