| el | malek-o, | le Roi; | |
| l’el | malek-i, | au Roi; | |
| accusatif | el | malek-a, | le Roi. |
Il est remarquable que, dans l’hébreu et l’arabe, le génitif n’a point de signe propre: on ne le reconnaît que par l’antécédence d’un autre nom qui le régit; par exemple le mot QeN ou Qun signifie un nid: le mot ŠaFωR, signifie oiseau: si l’on dit QuN ŠaFωR, c’est nid d’oiseau ou nid de l’oiseau[184].
[184] En latin, cuniculus, trou, nid de lapin, n’est qu’un diminutif de cunn-us: les mots cunæ et cunabula, berceau d’enfant, sont de cette même famille, et ont pour radical cun ou qun.
Au pluriel les articles restent les mêmes; seulement le singulier reçoit une finale qui, pour le masculin est im; ainsi on dit malek-im, ou, he malekim, les rois; le malekim, aux rois, etc.; he ŠaFωr, l’oiseau, he Šafωrim, les oiseaux.
Si l’on voulait croire les grammairiens juifs et leurs disciples, il faudrait varier les petites voyelles des noms selon les cas et les nombres; ainsi DaBar, parole, ferait en construction DeBar, au pluriel DaBar-im; mais quand ce pluriel retranche l’m, comme il arrive souvent, il ferait DiBri ou DiBrai (DiBr-ê).
NaHR, rivière, ferait Nehar im, nahari: il est bien possible que, dans leur langue parlée, les Hébreux de divers cantons aient eu de telles variétés mises en règles; mais, parce que l’écriture alfabétique n’en a point conservé de traces, et que les rabbins n’en ont pas de certitude, on a le droit de considérer leurs règles à cet égard comme arbitraires et de nul service, puisque le sens des mots n’en est pas affecté. Le judicieux grammairien français l’abbé Ladvocat en a lui-même jugé ainsi[185].
[185] A la page 38 de sa grammaire: «Il se fait, dit-il, un grand nombre de changemens dans la prononciation, c’est-à-dire dans les points-voyelles, même quelquefois dans les lettres, lorsqu’un nom passe du masculin au féminin, ou du singulier au pluriel, ou de l’absolu au construit: nous conseillons aux commençans de ne pas s’y arrêter.»
En hébreu comme en toute langue, les noms ont deux genres ou sexes, le masculin et le féminin, mais il n’y a pas de neutre; le féminin quelquefois en tient place.
Les noms de femmes, de villes, de contrées ou pays, de vents, etc. sont presque généralement féminins, quelle que soit leur terminaison.
Il arrive habituellement que des noms masculins, surtout ceux qui viennent des verbes, à titre de participes ou adjectifs, sont rendus féminins par la seule addition de la lettre h prononcée eh ou ah; par exemple: de malek on fait malekeh ou malek-ah, reine: si au lieu de h on met la finale ωT, le singulier devient pluriel; on dit malekωt, les reines; du reste les particules de déclinaison restent les mêmes.