Le substantif masculin ṣedq, signifiant ce qui est juste, devient féminin si l’on dit ṣedq-ah; le mot TωB, signifiant bon, devient TωB-ah, bonne; NaBal, fou; Nabal-ah, folle; GaDωl, grand; gaDωl-ah, grande, etc.

Si ce féminin est suivi d’un mot qui commence par une voyelle, le ah devient at.

La même chose arrive quand il est suivi d’un nom qu’il régit, dût ce nom commencer par une consonne: ainsi l’on dit, Tωrat MoŠeh (prononcez en français mouchek), la loi de Moyse, et non Tωrah mušeh.

Si un mot par lui-même finit en i et qu’on veuille le rendre féminin, l’on y ajoute le seul t: on dit šenî, second, deuxième; šenît, seconde, et non šeniat; mais il y a des exceptions: šebi, au masculin, fait esclavage; ŠeBT, captivité.

L’impératif Dă, sachez, ou le substantif savoir, fait DăT, science; ZaMR, chant, fait zamrat, chanson (de cette famille est mazMωr, psaume); les psaumes n’étaient qu’un chant.

Quand le pluriel masculin entre en construction, il supprime l’m de sa finale im: par exemple, les paroles du roi se disent Debari-Malek et non Debarim Malek; ici, c’est devant une consonne; une voyelle n’y change rien: on dit Debari iehωh, les paroles de iehωh.

Si, au contraire, ce pluriel ne construit rien, il reste entier; on dit: hommes sages, anošim[186] ҥa-kemim; une fille jeune ou vierge, nărah betωlah et non pas nărat.

[186] anoš ou enoš ressemble beaucoup au latin ens, un être.

On veut que l’hébreu ait eu un duel comme l’arabe, qui, ayant dit Radjol (ou ragol) un homme, et Redjâl, les hommes, dit radjolain, deux hommes; mais en hébreu, cette forme n’a point de signe marqué et n’y a que des besoins rares; on y écrit iωm un jour, iωmim, des jours. Sur ce dernier mot il plaît d’ajouter un point-voyelle, et l’on veut prononcer iωmaim, deux jours; où est l’autorité, où est la preuve? Il y a lieu de penser que cette règle comme beaucoup d’autres est un emprunt que les Massorètes du second âge ont fait aux Arabes musulmans.