Dans ces idiomes, le verbe ABaD signifie spécialement, il a disparu comme une fumée dans l’air, et il s’est anéanti dans le vague; il est allé dans le néant: n’est-ce pas là précisément le mot latin ire per vacuum? ire per (inane), en inversion, per-ire, il a péri, il a disparu. L’hébreu dit ABaDω BaITiM; on l’a mal traduit en disant, les maisons ont été détruites. Le terme destruere, déconstruire, ne signifie que démolir; l’autre signifie rasées sans traces. Le mot evanuit, il s’est évanoui, trouve ici sa solution, car il n’est que le composé in vanum ivit, il est allé dans le vide, dans le vague (les palais ont péri, les grandeurs se sont évanouies): van-um, jadis uan-um, est ici un radical qui exprime un souffle de la bouche, un vent sans corps, sans réalité; il trouve un analogue remarquable dans le mot arabe FaNi, qui a exactement le même sens. (EL DuNia FaNi), le monde est une vanité, une chose passagère comme le souffle, le vent.

(Dans le radical latin -DRm-ire-, les trois consonnes se trouvent les mêmes que dans le radical hébreu -RDm, sommeil, dormition; cette confusion de rodm avec dorm a d’autres exemples. Aller est l’acte physique et palpable, le plus propre à être pris pour le type de toute action en général: c’est le mouvement personnifié; et le mouvement est la base, l’essence de toute action.)


CHAPITRE VII.


Conjugaisons des Verbes.

Les grammairiens s’accordent à compter au verbe hébreu quatre conjugaisons régulières, au mode actif; trois desquelles ont un mode passif: au total, sept formes régulières[191].

[191] Le savant Albert Schultens en a voulu trouver presque autant que dans l’arabe (qui en a treize); mais ce sont là des subtilités.

Pour première conjugaison, l’on a établi celle où le mot radical se compose de la manière la plus simple et la plus régulière; les anciens prenaient pour type le mot FăL (il a fait); nous prenons FaQaD (il a visité):