Dans la première conjugaison, lorsque la troisième radicale du verbe est un T comme KaRaT (il a coupé), la première et la deuxième personne exigent l’addition d’un autre T qui les caractérise: on doit dire KaRaTTi, j’ai coupé; KaRatt, tu as coupé; KaRaTTom, vous avez coupé: l’Hébreu n’écrit pas cette lettre double, mais les rabbins l’indiquent en posant dans le T l’insensible point qui est le signe du redoublement; nous, qui pouvons redoubler les lettres, nous n’en avons pas besoin.

Si le verbe finit par une N, comme Natan (il a donné), l’on devrait dire NaTaNT-Tom, vous avez donné; mais l’Hébreu écrit et dit par élision et euphonie NaTaTTi, NaTaT-Tom, ce qui devient d’autant plus obscur, qu’outre l’N supprimée, le redoublement du T n’est marqué que par un petit point.

Sur la troisième conjugaison ᴏFQaD, si la première radicale est ăïn, cette voyelle ne subit pas de changement au participe, et l’on dit MoăMad, établi: voilà encore une exception; dans la conjugaison quatrième (HiTFaqqaD), si la première lettre du radical est une des consonnes N, D, T, Ԏ, il y a élision d’abord du T dans HiT et même d’un second T qui serait caractéristique; par ex., au lieu de HiT-TNaBBeTI, j’ai prophétisé, on dit HiNNabeTI; au lieu de MiTDaBBeR, conservant, on dit middaber.

Si cette première radicale est une des quatre consonnes sifflantes z, s, š, ṣ, le T de HiT passe après elle; par ex., saBaL, il a chargé, on devrait dire HiTSaBBeL, et l’on dit HiSTaBBeL, il s’est chargé: ŠaBaҤ, il a loué; on devrait dire HiT-ŠaBBaҤ, et l’on dit HiŠTaBBaɦ.

Si la première lettre est un z ou un ṣad, ces deux lettres, outre qu’elles se déplacent, s’altèrent encore; savoir: Z en D, et ṣad en ԏêta. Par exemple: ṣaDaQ, il a été juste, au lieu de HiTṢaDDeQ, fait—HiTaDDeQ, il s’est justifié; zamer, il a préparé,—au lieu de HiTZaMMeR, fait HiZDaMMeR, il s’est préparé.

Ces règles d’exceptions ne laissent pas que de compliquer le système et rendre la langue plus difficile: seulement elles ont le mérite, dans le cas présent, de nous indiquer la prononciation des diverses lettres que je viens de citer, et cela au moyen de l’analogie que suppose leur permutation réciproque: les grammairiens citent encore nombre d’autres règles relatives aux permutations des petites voyelles ou points-voyelles; mais les unes n’ont aucune utilité, et les autres appartiennent aux règles des verbes irréguliers dont je vais traiter.


CHAPITRE VIII.