21o Elle autoriserait aussi les dons quelconques, même de biens-fonds, par legs testamentaires ou autrement, que des particuliers généreux offriraient à cet établissement, sauf à les clore à une certaine latitude.

22o Lorsque les élèves auraient acquis l’âge et les connaissances capables de les mettre en service, ils seraient envoyés à leur destination. A cette époque, ils prendraient l’engagement envers le collége, à mesure qu’ils monteraient en grade d’emploi et de fortune, d’envoyer annuellement pour tribut de gratitude, et pour lien de fraternité, une très-petite portion déterminée de leur revenu, laquelle portion serait fixée par un règlement.

23o A l’égard du collége des traducteurs séant à Paris, il serait composé de douze membres au plus, et de huit au moins; sur ce nombre, deux seulement seraient qualifiés professeurs, savoir: l’un d’hébreu, l’autre de sanskrit.

24o Le professeur d’hébreu serait tenu, par condition nécessaire, de savoir l’arabe littéral et vulgaire, et, à une date donnée, d’avoir passé deux ou trois ans en pays arabe; en outre, il aurait une idée suffisante du syriaque, du chaldéen et de l’éthiopien, qui n’en sont que des appendices.

25o Le professeur de sanskrit aurait une notion pratique de celui des dialectes actuels de l’Inde qui s’en écarte le moins.

26o Par la suite, on pourrait instituer une chaire nouvelle pour quelque autre langue devenue utile.

27o Quant aux huit ou dix autres membres, ils auraient le titre de professeurs honoraires; ils pourraient tenir des cours privés, mais non publics. Leurs travaux consisteraient, 1o à terminer les notices des meilleurs livres orientaux qui nous restent à connaître[208], même à traduire ceux qui pourraient le mériter; 2o à traduire en langue asiatique quelconque de bons livres élémentaires de nos sciences d’Europe, et cela concurremment et d’accord avec le collége de Marseille.

[208] Par exemple: le manuscrit arabe numéroté 695, intitulé: Miroir de l’Empire des Mamelouks, sultans d’Égypte, par Kalîl, fils de Châin et Zâher, visir de Malek-el-Acheraf. Ce manuscrit avait été traduit en entier par feu M. Venture; et cette traduction s’est trouvée perdue par la faute d’une servante.

28o Chaque année ce collége rendrait un compte de ses travaux, dans les séances publiques, tantôt de l’Académie Française, tantôt de l’Académie des Inscriptions, auxquelles ses membres pourraient être agrégés.

29o Le traitement de ces membres, professeurs ou traducteurs, serait composé de deux parties, l’une fixe, l’autre casuelle; cette dernière composée de gratifications, qui leur seraient allouées dans la proportion de leurs travaux utiles.