AU

DOCTEUR PRIESTLEY.

/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\/\

REPONSE

DE VOLNEY

AU DOCTEUR PRIESTLEY,[ [37]

Sur un pamphet intitulé: Observations sur les progrès de l'infidélité, avec des remarques critiques sur les écrits de divers incrédules modernes, et particulièrement sur LES RUINES de m. de Volney, portant cette épigraphe:

L'esprit peu pénétrant se tient volontiers à la surface des
choses: il n'aime pas à les creuser, parce qu'il redoute le
travail, la peine, et quelquefois il redoute plus encore
la vérité.

J'ai reçu dans son temps, M. le docteur, votre brochure sur les Progrès de l'infidélité, ainsi que le billet, sans date, qui l'accompagnait. Ma réponse a été différée par des incidents d'affaires et même de santé que sûrement vous excuserez. D'ailleurs ce délai n'a pas d'inconvénients: l'affaire qui est entre nous n'est pas de celles qui pressent. Le monde n'en irait pas moins bien avec ou sans ma réponse, comme avec ou sans votre livre. J'aurais même pu me dispenser de vous répondre du tout, et j'y eusse été autorisé par la manière dont vous avez posé la question entre nous, et par l'opinion assez généralement reçue que dans certaines occasions, et avec certaines personnes la plus noble réponse est le silence. Vous-même paraissez l'avoir senti, vu l'extrême précaution que vous avez prise de m'interdire cette ressource; mais comme dans nos mœurs françaises une réponse quelconque est toujours un acte de civilité, je n'ai point voulu perdre, vis-à-vis de vous, l'avantage de la politesse; d'ailleurs, quoique le silence soit quelquefois très-expressif, tout le monde n'entend pas son éloquence; et le public, qui n'a pas le temps d'approfondir des débats souvent de peu d'intérêt, a le droit raisonnable d'exiger du moins un premier éclaircissement, sauf ensuite, si la question dégénère en clameurs opiniâtres d'un amour-propre blessé, d'accorder le droit de se taire à celui en qui il devient un acte de modération.