[209] Cette phrase est mal construite dans la traduction: muet à la vue du Perse: on croirait qu'il est devenu muet à cette vue.—Saisi d'effroi, fit un effort; effroi, effort. Il fallait dire: Le jeune prince muet, saisi d'effroi à la vue du Perse; mais Larcher a tellement su le grec, qu'il a un peu moins su le français.
[210] Ce Périandre, fils de Kypselus, gouverna Corinthe 44 ans, comme nous l'apprend Aristote dont le témoignage ici n'est pas récusable (Politic., lib. V, ch. 12). Néanmoins Larcher, contre toute autorité, argumentant d'un vers du poète Théognis contre la race de Kypselus, veut que ce tyran ne soit mort qu'en 563, après un règne de 70 ans. Malheureusement pour cette hypothèse, un critique judicieux a remarqué{*} qu'outre le Corinthien Kypselus, père de Périandre, il avait existé un autre Kypselus, Athénien, père de Miltiade, et que c'était à la famille de celui-ci que le vers de Théognis convenait par les rapports de temps et d'affaires. Aussi l'hypothèse de Larcher a-t-elle été rejetée par l'abbé Barthélemy et par M. de Sainte-Croix, qui ont préféré l'autorité d'Aristote et de Sosicrates, confirmée par les rapports de cette famille avec les rois de Rome, en la personne de Lucumon.
{*} (Voyez Mélanges de géographie et de chronologie ancienne, par M. de Fortia-d'Urban, in-8°, page 16.)
[211] Malignité d'Hérodote.
[212] C'est absolument la même doctrine théologique que celle des Hébreux..... Je poursuivrai le crime d'Israël jusqu'à la 3e et 4e génération. C'est aussi la théologie de tous les sauvages, et cette identité dérive de ce que l'état sauvage a été l'état primordial de tous les peuples anciens, sans exception.
[213] Voyez note 73, première édition, et note 75, deuxième édition.....
Larcher nous assure aussi dans sa préface, qu'il a commencé par se mettre Hérodote dans la tête; mais l'on voit en suivant sa métaphore, qu'Hérodote a fini par s'en tirer heureusement, et qu'il en est sorti intact comme Jonas..... Ces expressions triviales se mettre dans la tête, Crésus se mettant à rire (note 62), mettre la plume à la main, et autres semblables qui se trouvent dans le livre de Larcher, nous feraient hésiter sur un fait que l'on nous garantit certain: ce fait est que depuis que Larcher fut reçu membre de l'Académie des Inscriptions, jamais aucun de ses écrits ne fut imprimé sans que, par un esprit de corps raisonnable, quelqu'un de ses confrères n'eût rendu à son style hellénique le service de le franciser; mais il est quelquefois arrivé que, fidèle à son propre esprit, Larcher a recorrigé ses correcteurs; et cela explique, tout.... Il nous révèle dans sa note 177 que le savant Barthélemy dut beaucoup à M. de Sainte-Croix, qui a dressé entre autres la table chronologique du jeune Anacharsis..... Qui nous révélera ce que Larcher doit à l'abbé Barthélémy, à M. de Sainte-Croix, à M. Dacier, etc.?
[214] Voyez la table des époques du jeune Anacharsis, tome 7.
[215] Voyez les tables de Barthélémy et de Sainte-Croix; Voyage d'Anacharsis, tome VII.
[216] Lorsque l'on considère à quels hommes les anciens Grecs appliquèrent le nom de Sage (Solon, Pittacus, Périandre même), l'on s'aperçoit qu'ils ne l'entendaient pas dans le sens de nos modernes correcteurs moralistes:—Soyez sage, petit garçon, asseyez-vous, et ne faites pas de bruit; mais dans le sens de habile et savant, c'est-à-dire dans le sens précis du mot oriental kakîm qui a pour racine kakam, gouverner, d'où kakem, gouvernant (soi et les autres avec habileté et science), et par extension kakim, médecin, savant, habile dans les sciences physiques et naturelles: c'est par ces motifs réunis qu'il fut donné à Salomon, dont nous autres occidentaux avons peine à concilier la sagesse avec son harim de 700 femmes. Cette conformité d'idées est digne d'attention chez les anciens. Après ces hommes célèbres, Pythagore, savant pour son temps, et de plus modeste, ne voulut point accepter le titre de Sage; il prit et institua celui d'ami ou amant de la sagesse: philosophos. Il ne se doutait pas qu'un jour ce nom deviendrait un nom odieux, une injure atroce; comme nous l'apprend Larcher, page 231, ligne 8; et cela parce que les incrédules se le sont attribué..... De manière que si les habitués de Bicêtre s'attribuaient, par cas très-possible, le titre d'honnêtes gens, il deviendrait aussi une injure atroce. Avec cette logique, nos dictionnaires tourneront comme nos têtes. En 1787 Larcher nous assurait qu'il était philosophe plus que Voltaire, c'était la mode, personne ne le contraria: en 1802 il proteste qu'il n'est pas philosophe; la mode a changé; personne ne réclame; et il se fâche; A qui en veut-il? Qu'a de commun la philosophie avec ses notes? Puisse-t-il nous donner une troisième édition en 1817!