[313] Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori... Hunc Sardanapalum vocat Polyhistor Alexander, qui ad Astyagem Mediæ satrapam misent et filiam ejus Aroïtem uxorem filio suo Nabuchodonosoro sumpserit. Hic traditis sibi copiis a Sarako Chaldæorum rege præpositus, in Sarakum ipsum, et Ninivem civitatem arma vertit; cujus impetum et adventum veritus Sarakus, incensa regia igne se absumpsit. Imperium vero Chaldæorum et Babylonis collegit Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori.

[314] Dans son commentaire sur le chap. 20 d'Isaïe, saint Jérôme remarque que Sargoûn eut sept noms différents, et nous en trouvons sept à Sennacherib; savoir, Anakindarax, Anabachères, Acrazanes ou Acraganes, Épecherès, Ocrapazes et Sargoûn. Cet interprète doit avoir emprunté cette opinion des rabbins, ses maîtres; et il semble les désigner, lorsqu'il ajoute, chap. 36 du même Isaïe: d'autres pensent qu'un seul et même roi d'Assyrie est appelé de plusieurs noms... Ces autres-là avaient raison contre lui dans le passage suivant:

«J'ai lu quelque part, dit-il, que Sennacherib fut le même roi qui prit Samarie: mais cela est faux; car l'Histoire sacrée nous dit qu'un premier roi, Phul, sous Manahem, dévasta les 10 tribus; qu'un second roi, Teglat-phal-asar, sous Phakée, vint à Samarie; qu'un troisième Salmanasar, sous Osée, prit cette ville; qu'un quatrième, Sargon, prit Azot; qu'un cinquième, Asaradon, après avoir déporté Israël, établit des Samaritains pour gardiens de la Judée; et qu'un sixième, Sennacherib, sous Ézéchias, après avoir pris Lachis et toutes les autres villes, assiégea Jérusalem... D'autres pensent qu'un seul et même prince est appelé de plusieurs noms.» Comment, sur Isaïe, chap. 36, tome III, page 286.

Il y a plusieurs fautes dans ce passage. Sargon n'est point nommé dans les Chroniques, mais dans Isaïe, qui écrivit plus de 200 ans avant leur rédaction, et qui, de son côté, ne nomme point Sennacherib. Avant d'en faire deux rois, il eut fallu les discuter. 2° Esdras ou son rédacteur, dit, lib. I, cap. 4, v. 2, qu'Asar-Hadon déporta les tribus; mais la lettre originale des Samaritains, v. 10, dit que ce fut Asnafar; et d'après le témoignage exprès des Chroniques, cet Asnafar fut Salmanasar. Asar-Hadon doit être une interprétation du rédacteur. 3° Sennacherib ne fut pas roi sixième, postérieur à Asaradon; car l'Histoire sacrée dit positivement qu'Asaradon fut son fils le plus jeune. Il y a ici plus que négligence, il y a défaut de jugement et de critique; et tel a été le caractère de tous les écrivains ecclésiastiques: occupés uniquement d'objets qui n'exigeaient que la foi implicite, ils ont ignoré ou rejeté l'art de la discussion et de la critique.

[315] Dans la liste d'Eusèbe, nous avons un Balétorès à l'an 659; ce qui ne diffère pas matériellement: et ce nom babylonien, Bal-atsar, va reparaître dans le Bélitaras d'Agathias, bien clairement Bélésys.

[316] Post Sardanapalum Assyriorum imperium Ninum obtinuisse alii asserunt, e quorum numero prodit Castor, qui hæc verba scribit: Primo quidem ordine reges Assyriorum generis et imperii seriem a Belo ducentes locavimus; quanquam de ejus imperii tempore certa et aperta notitia non constet, nominis equidem agimus memoriam. A Nino quoque Chronographiæ principium duximus, et in Ninum Sardanapali successorem desinimus. Syncelle, page 206.

[317] Ninus primo videtur imperium stabilisse, et post eum Semiramis, ac deinceps omnes horum posteri ad Belum Derketadæ filium. Cumque in hoc Belo Semiramicæ stirpis successio desineret, Belitaras quidam vir insitor et hortorum qui in regia erant curator et magister, imperium sibi mira ratione vindicavit, suoque generi inserit, prout Bion et Alexander Polyhistor memoriæ prodiderunt, donec, Sardanapalo regnante, ut illi scribunt, quum emarcuisset imperium, Arbakes Medus et Belesys Babylonius illud Assyriis eripuerunt interfecto rege, et ad Medos transtulerunt, sex et trecentis jam supra mille et paulo amplius annis elapsis ex quo Ninus primum summam rerum obtinuerat. Ita enim Ktesia Cnidio tempora describenti, Diodorus assentitur. Medi itaque rursum imperium sunt adepti: Agathias, lib. II, page 63.

[318] Quant au motif de cette faute, nous n'en apercevons qu'un seul qui nous semble plausible. Le médecin grec Ktésias, devenu prisonnier des Perses à la bataille de Kounaxa, l'an 401 avant Jésus-Christ, arriva à la cour d'Artaxerces, environ 13 ans après que les Égyptiens se furent révoltés, c'est-à-dire eurent recouvré leur indépendance nationale, ravie 112 ans auparavant, par Cambyse, fils de Kyrus. Le Grand-Roi irrité leur faisait la guerre, mais avec peu de succès. Ses diplomates durent, selon l'usage, donner à cette guerre les motifs les plus légitimes, ou les plus adaptés à l'esprit des peuples. Dans tous les pays, l'antériorité de possession a toujours été considérée comme l'un des droits établissant la propriété. Selon les Égyptiens, leur roi Sésostris avait subjugué la Perse vers l'an 1354 avant notre ère; et quoiqu'il ne l'eût soumise qu'en passant, les Égyptiens pouvaient s'en prévaloir, pour dire que ce n'était pas eux, mais les Perses qui étaient des rebelles. Ce dut donc être une étude, un besoin de la part de ceux-ci, de prouver ou de rendre plausible, que les Assyriens, dont ils se prétendaient les héritiers et les représentants, avaient possédé l'Égypte long-temps avant cette époque; il devenait d'autant moins aisé de les refuter, que cette possession était plus antique. De là le système de falsification qui plaça Ninus à plus de 2000 ans avant notre ère, et qui lui attribua, ainsi qu'à Sémiramis, une étendue de conquêtes qui n'avait pas eu lieu. En attribuant à Ktésias le doublement des Mèdes, nous ne voudrions pas garantir qu'il ne fût l'ouvrage des savants, de la cour d'Artaxerces; mais nous croyons que celui des Assyriens leur appartient exclusivement, et que Ktésias lui-même a été induit en erreur: ce qui rendra croyable et même vraisemblable cette imposture historique de la part des Perses anciens, c'est que dans notre chapitre de Zoroastre, l'on verra l'exemple avoué d'une autre imposture semblable, commise par un roi de Perse, Sasanide, d'accord avec son clergé, relativement à la dynastie des Parthes.

[319] Specimen Historiæ Arabum

[320] Historia imperii vetustissimi Iectanidarum in Arabia felice. In-4°, Harderovici Gueldrorum, 1786.