De Ieqtan, supposé homme, l'auteur fait venir treize peuples arabes, dont il pose distinctement les limites en disant:
1º «Que les enfants d'Ismaël habitèrent depuis Haouilah jusqu'à Shour, qui est dans le désert en face de l'Égypte, sur le chemin d'Assyrie (par Damas);
2º «Que les enfants de Ieqtan habitèrent depuis Mesha jusqu'à Shefar, montagne orientale.»
Shefar est une montagne du désert arabe, par les 29 degrés de latitude, à environ 55 lieues est de la mer Rouge, et à l'orient d'hiver de Jérusalem: elle fut le campement le plus reculé des Hébreux conduits par Moïse[182]: Ptolomée y pose la limite extrême de l'Arabie Felix, au nord. Là commencent l'Arabie Pétrée et les dépendances de Kush, dont Haouilah fait la frontière. Tout se trouve d'accord de ce côté, qui est l'occident de Ieqtan.
Mesha, qui est sa borne à l'orient, est le Masanites fluvius, l'une des branches de l'Euphrate, vers son embouchure dans le golfe Persique: une ligne tirée de Shefar sur Mesha, est donc la borne des Arabes Ieqtanides, vers le nord.
L'Océan, ou mer Érythrée, est leur borne au sud.
Vers le couchant, qui est la mer Rouge, si l'on tire une ligne de Shefer sur Sabtah, frontière de Kush, cette ligne laisse tous les peuples de Ieqtan dans le désert à l'est, et tous les Kushites dans le Hedjaz et dans le Téhamah, vers l'ouest; avec cette circonstance, qu'elle suit une chaîne de montagnes rocailleuses et stériles, qui en font une limite naturelle. Le pays de Ieqtan occupe donc tout l'orient de la péninsule arabe, depuis le canton de Saba-Mareb, jusqu'à l'embouchure du golfe Persique, où les tribus kushites de Ramah, Daden et Sheba, possèdent un territoire qui fait exception. Il s'agit de placer les tribus dont les géographes grecs nous retracent plusieurs noms reconnaissables.
Al-Modad ne l'est pas très-bien dans les Alumaiotæ de Ptolomée; mais Shelaph l'est parfaitement dans les Salupeni du même auteur.
Hatsar-Môt est sans contredit les Chatramotitæ de Strabon, le Hadramaut actuel des Arabes.
Ierah se trouve bien dans les Iritæi;