[91] La traduction française de Larcher porte: «Ce sont eux qui l’ont environnée de murailles et qui l’ont embellie par les temples qu’ils y ont élevés.» Cette périphrase dénature matériellement le texte: muros amplius ornaverunt et templa. Cette traduction est pleine d’altérations semblables, et l’on peut assurer qu’Hérodote est à traduire en français.

[92] Liv. I, pag. 66, édit. de Wesseling.

[93] Strabo, lib. XVI, pag. 737: «Ninive est située dans l’Atourie; l’Atourie ressemble au pays qui entoure Arbèles, dont elle est séparée par la rivière du Loup (le Lycus); Arbèles appartient à la Babylonie, qu’elle joint au-delà du Lycus; la plaine d’Atourie entoure Ninive.»

On voit que la frontière de la Babylonie, vers Ninive, était la rivière du Loup ou Lycus, située au-delà d’Arbèles relativement à cette Babylonie: or la distance du Lycus à Ninive n’est que d’environ 16 lieues communes de France. Et Ktésias dit qu’au premier combat, Sardanapale poussa les rebelles à 7 stades, qui font 477 toises, parce que son stade est celui de 833½ au degré, comme nous le verrons. Aux deux combats suivants, le roi chassa les rebelles jusqu’à la frontière de Babylonie, et le récit de l’historien montre qu’elle n’était pas loin.

Il est bon de remarquer ici que l’Atourie n’est autre chose que la prononciation chaldéenne du mot Ashourie (Assyria), le dialecte chaldéen changeant très-souvent le shin hébreu et arabe en tau. Aussi Casaubon, dans ses notes sur le premier paragraphe du livre XVI de Strabon, remarque-t-il que, selon le témoignage de Pline et d’Ammien, le pays où fut Ninive s’appela d’abord Assyrie, puis Adiabène; et que, selon Dion (in Trajano), l’Adiabène avait été appelée Atourie par les Barbares (les Chaldéens), qui avaient changé l’s en t (Assouria-Atouria[94]). Quant au mot Adiabène, Ammien-Marcellin veut lui donner une origine grecque qui est forcée; c’est le nom syrien et chaldéen de la rivière du Loup qui en ces dialectes se dit Diab et Ziab, Zab de la géographie moderne; et les Grecs, qui l’appelaient Lycus, ne firent que traduire le mot chaldéen. Il est probable qu’après la conquête d’Alexandre, toutes leurs instructions leur furent fournies par les astronomes et géographes babyloniens.

[94] La traduction chaldaïque d’Onkelo rend toujours assour par atour.

[95] Voyez Chronologie d’Hérodote; p. 103. Le traducteur a commis une erreur à cette même page 103, note 96, en évaluant le stade de Ktésias à 85 toises, tandis qu’il ne faut l’estimer qu’à 68 toises 5 pieds 2 pouces.

[96] Golfe Persique.

[97] Lib. II, pag. 84.

[98] Voyez l’article des rois homérites, tome IV, page 506 de la Chronologie d’Hérodote; et la Géographie de la Genèse, à la fin, Ire partie de nos Recherches.