3º Le pont composé de piles de pierres et de poutres tendues sur ces piles;
4º Deux châteaux placés aux issues du pont;
5º Un vaste bassin ou lac carré de 360 stades sur chaque côté;
6º Un boyau ou galerie par-dessous le fleuve;
7º Le temple de Bélus en forme de pyramide, où l’on montait par des rampes.
CHAPITRE III.
Récit de Bérose et de Mégasthènes.—Système chaldéen.
IL est naturel de croire qu’avant la publication de l’histoire de Ktésias, les Grecs n’avaient que peu ou point de connaissance des ouvrages et du nom de Sémiramis: cet auteur doit donc être considéré comme le chef de l’opinion qui attribue à cette reine la fondation de Babylone, et cette opinion dut être dominante jusqu’au temps d’Alexandre. Mais lorsque la conquête de l’Asie par ce prince, et lorsque sa résidence à Babylone, qu’il affectionna, eurent mis les savans grecs en communication avec les prêtres du pays, avec ces Chaldéens si renommés pour leurs sciences, on vit s’élever une autre opinion indigène et babylonienne, contraire à celle des Assyriens de Ninive. La première trace se montre dans un fragment de Mégasthènes, historien grec, contemporain de Séleucus-Nicator, roi de Babylone jusqu’en l’année 282 avant Jésus-Christ, lequel envoya Mégasthènes, à titre d’ambassadeur, vers Sandracottus, l’un des rois de l’Inde résidant à Palybothra[79]. Eusèbe, dans sa Préparation évangélique, nous a conservé le passage qui suit, livre IX, chap. 41, pag. 457.
«Babylone fut bâtie par Nabukodonosor: au commencement (in principio) le pays entier était couvert d’eau et portait le nom de mer[80]; mais le dieu Bélus, ayant desséché la terre et assigné à chaque élément ses limites, environna de murs Babylone, puis il disparut[81]. Dans la suite, l’enceinte qui se distingue par des portes d’airain fut construite par Nabukodonosor; elle a subsisté jusqu’au temps des Macédoniens.»
Quelques phrases après, Mégasthènes ajoute:
«Nabukodonosor, devenu roi, entoura dans l’espace de quinze jours, la ville de Babylone d’un triple mur, et fit couler ailleurs les canaux appelés armakale et akrakan qui venaient de l’Euphrate; puis, en faveur de la ville de Siparis, il creusa un lac profond de 20 orgyes, ayant 40 parasanges de circuit; il y fit des écluses ou vannes, appelées régulatrices des richesses, pour l’arrosage de leurs champs. Il réprima aussi les inondations du golfe Persique, en leur opposant des digues, et les irruptions des Arabes, en construisant la forteresse de Térédon. Il orna son palais, en élevant un jardin suspendu qu’il couvrit d’arbres.»