[92] Fondée par suite des opérations de la compagnie de Scioto qui, en 1789, fit tant de bruit à Paris pour vendre des terres qu’elle n’avait pas, mais dont elle se faisait bien payer. J’aurai l’occasion d’en reparler.

[93] Noix très-oblongues, d’une coquille fine et fragile, et en tout infiniment supérieures aux noix ligneuses (hickorys) de la côte atlantique.

[94] M. le docteur Barton m’a dit qu’il préparait sur ce sujet un mémoire qui ne pourra manquer d’être très-intéressant.

[95] Voyez Medical Repository of New-York, tome Ier, page 530, où se trouve un tableau météorologique dressé par le major Swan.

[96] An account of six years residence in Hudson’s bay, 1 vol. in-8º, London, 1752.

[97] Present state of Hudson’s bay, 1 vol. in-8º, London, 1790. Les mêmes faits se répètent dans le continent asiatique, et confirment l’analogie de climat et de sol que j’ai indiquée. Les savants russes, Gmelin, Pallas, Georgi, attestent que passé le 65°, et même dès le 60° de latitude, en Sibérie, l’on trouve des marais éternellement gelés au fond, dont la glace conserve, depuis une antiquité inconnue, des ossements, et même des peaux d’éléphants, de rhinocéros, de mammouts. (Voyez le Nord littéraire, nº Ier, page 380.)

Le célèbre voyageur américain Ledyard atteste également qu’à Yakoutsk, par moins de 62° de latitude, l’on n’a pu établir de puits, attendu que les fouilles faites jusqu’à 60 pieds de profondeur ont appris que la terre était gelée de plus en plus ferme. (Voyez American Musæum, tome VIII, lettre de Ledyard, août 1790.) Le capitaine Phips dit également que le 20 juin 1778, par 66° 54´, l’eau de la mer, puisée à 780 brasses de profondeur, marqua 2° ⅔ sous glace (R). Parmi nous, M. Patrin, naturaliste instruit, qui a voyagé plusieurs années en Sibérie, rapporte que même, par les 54°, étant descendu, en juin 1785, dans un puits récent de la mine d’Ildikan en Daourie, il remarqua, à la hauteur de 40 pieds, des gerçures remplies de glaçons (et cependant c’était une mine métallique); ce qui prouve, ajoute-t-il, que le feu central n’a pas beaucoup d’activité en Daourie (Journal de physique, mars, 1791, page 236). Mais, comme désormais la saine physique, aidée de tous ces faits et des expériences ingénieuses de M. de Saussure, a relégué au rang des vieux contes mythologiques cette vieille rêverie d’un foyer central, et même la théorie hasardée sans preuves suffisantes, d’une température moyenne de 10°, l’on a droit d’en conclure contre les hypothèses de Buffon et de divers autres physiciens, que le globe est une masse cristallisée essentiellement froide, dont la superficie seule est échauffée par les rayons du soleil, en raison de la force et de la continuité de leur action. De là vient que sous la zone torride l’on trouve, pour terme moyen, le sol impregné d’environ 14° de Réaumur, à une profondeur qui probablement ne pénètre pas plus de trois ou quatre mille toises: à mesure que l’on s’éloigne de ce grand et principal foyer, vers le nord, la chaleur diminue par proportion inverse des latitudes 11° en Virginie, 9° à Philadelphie, 7° en Massachusets, 5° en Vermont, 4° en Canada, et finalement zéro et moins de zéro sous le pôle: en sorte que si jamais le soleil abandonnait notre pauvre planète, elle finirait par n’être qu’un amas de glaçons, et par n’avoir, pour derniers habitants, que des ours blancs et des Esquimaux.

[98] Depuis octobre 1795, jusqu’en juin 1798.

[99] Voyez notes sur la Virginie, page 7.

[100] Les tables du docteur Ramsay à Charlestown confirment pleinement cette assertion; car sur quatre années, depuis 1791 jusqu’en 1794, elles n’offrent que huit jours où le nord ait soufflé: il ne souffla pas un seul jour en 1792, et la même rareté a lieu à Québec.