[111] Histoire naturelle et civile des Florides, 1 vol. in-12, imprimé à New-York, déja très-rare à trouver.

[112] J’ai long-temps refusé de croire à l’existence de ces grêlons pesans des onces et des livres, dont parlent trop souvent les gazettes et les voyageurs; mais l’orage du 13 juillet 1788 m’a convaincu par mes propres sens. J’étais au château de Pontchartrain, à quatre lieues de Versailles. A six heures du matin, étant allé visiter un parc de moutons, je trouvai les rayons du soleil d’une chaleur insupportable; l’air était calme et étouffant, c’est-à-dire, très-raréfié: le ciel était sans nuage, et cependant je distinguai quatre à cinq coups de tonnerre: vers sept heures et un quart parut un nuage au sud-ouest, puis un vent très-vif. En quelques minutes le nuage remplit l’horizon, et accourut vers notre zénith avec un redoublement de vent alors frais, et tout à coup commença une grêle, non pas verticale, mais lancée obliquement comme par 45°, d’une telle grosseur, que l’on eût dit des plâtres jetés d’un toit que l’on démolit. Je n’en pouvais croire mes yeux; nombre de grains étaient plus gros que le poing d’un homme, et je voyais qu’encore plusieurs d’entre eux n’étaient que les éclats de morceaux plus gros; lorsque je pus avancer la main en sûreté hors de la porte de la maison, où fort à temps je m’étais réfugié, j’en pris un, et les balances qui servaient à peser les denrées, m’indiquèrent le poids de plus de cinq onces: sa forme était très-irrégulière; trois cornes principales, grosses comme le pouce et presque aussi longues, proéminaient du noyau qui les rassemblait. Des témoins dignes de foi m’assurèrent qu’à Saint-Germain l’on avait pesé un grêlon de plus de trois livres, et je ne sais plus quel poids l’on peut refuser de croire.

[113] Voyez le Voyage en Syrie, tome Ier, page 179, troisième édition; en rapportant l’opinion des anciens à cet égard, j’ai insisté sur sa probabilité, motivée par la pente générale du sol et du cours du fleuve, et par l’action que les vents exercent sur les surfaces aqueuses. Le fait a constaté mon aperçu.

[114] Les marins disent: Quand on est hors des écueils en mer, fond de quinze brasses, et que du haut du mât d’un sloup, l’on voit juste le cap Hatteras, l’on va entrer dans le Gulph-stream, et de suite l’on perd les sondes.

[115] Le savant voyageur Humboldt, à qui nous devrons tant d’observations neuves et importantes, a aussi trouvé que sur les bas-fonds, son thermomètre a baissé de 3° de R..... M. Lalande, qui a publié ce fait comme une découverte, n’a pas sans doute connu ceux dont je parle.

[116] Voyez Transactions philadelphiques, tome X, page 396, tome XIX, page 298.

[117] Au moment où cette feuille s’imprime, je reçois des États-Unis le cinquième volume des Transactions de la société de Philadelphie, et j’y trouve, page 90, un Mémoire de M. Strickland qui, par une série d’observations faites en 1794, allant et revenant d’Europe, confirme tout ce que j’ai exposé sur les indications du thermomètre. L’auteur ajoute qu’il a reconnu une branche du Gulf-stream dans la direction de l’île Jaquet, et il insiste sur la probabilité du transport des fossiles tropicaux de la côte d’Irlande, par les eaux de ce même courant: ses observations me confirment dans l’opinion que le banc de Terre-Neuve est la barre de l’embouchure de ce grand fleuve marin qui, avant de l’avoir créée, marchait droit au nord-est sur l’Irlande, et qui ne s’est dévié vers l’est que par suite de l’obstacle de cette barre grossie et accumulée de siècle en siècle. Il faudrait comparer ses graviers à ceux de la côte atlantique.

[118] C’est l’expression canadienne pour désigner tout le pays.

[119] Selon le capitaine Meares, c’est le vent de nord qui est le dominant de ces parages.... Pour donner une idée du refroidissement que les surfaces glacées occasionent dans l’air, il me suffira de citer une observation de Charlevoix. Ce missionnaire rapporte que, traversant le banc de Terre-Neuve, par un temps d’ailleurs doux, son vaisseau fut tout à coup assailli d’une brise si glaciale, que tous les passagers furent contraints de se réfugier dans l’entre-pont; bientôt l’on aperçut une de ces îles de glaces qui, à chaque printemps, viennent du nord flotter dans l’Atlantique, et tant que l’on resta sous le vent de cette île, longue d’un quart de lieue, l’air resta insupportable. Cette expérience se renouvelle presque chaque année pour les navigateurs de Terre-Neuve.

[120] History of Vermont, page 48.