La cinquième, dite province de Hama, est riche en villages et en châteaux forts: celui de Hama fut détruit par Tamerlan.

La sixième, dite province de Halab, est très-étendue et très-riche. Le château de Halab est fait de main d'homme, (il veut dire le monticule qui porte le château).

De Halab dépendent Antioche sur l'Oronte; Djabar sur l'Euphrate; Rahbé au sud de Djabar, sur la rive orientale du même fleuve; Sis en Arménie, peuplé de chrétiens; Tarsous au bord de la mer en face de Cypre; Biré sur l'Euphrate, où il y a un pont de bateaux et un très-grand nombre de châteaux et villes importantes que l'auteur décrit en détail. (En sorte qu'à cette époque l'on ne peut pas évaluer la Syrie à moins de 20,000 villes et villages: et en les supposant, l'un portant l'autre, contenir 300 têtes, ce serait 6,000,000 d'habitants; état bien différent de l'actuel, et je pense très-inférieur à l'ancien, du temps de Titus et de Vespasien.

(Je termine cette notice par quelques idées du vizir Châhin sur les principes de la souveraineté).

Chapitre II. Section Ire.—De la puissance souveraine. La puissance souveraine est un rayon de la divinité. C'est par un effet miraculeux du caractère sacré imprimé sur le front du despote (sultan, maître absolu), que le bon ordre subsiste, que la révolte et la licence sont châtiées, etc.

Le but du pouvoir suprême est la conservation des particuliers et l'accroissement du bien public par un gouvernement juste. Le sultan doit user avec sagesse du sabre que Dieu a remis en ses mains pour défendre l'empire, pour faire fleurir la religion, et faire observer les lois divines et humaines.

(Merèï, l'historien homme de loi ci-devant cité, répète souvent que les principes de la loi sont de faire la guerre aux infidèles.—Que dans les villes conquises l'on ne doit point leur permettre de bâtir ou réparer leurs temples.—Que même il faudrait les détruire sans exception).

En même temps que Dieu ordonne au sultan de travailler au bonheur des sujets, il ordonne aux sujets d'obéir aveuglément au sultan, d'exécuter ses ordres sans examen, parce qu'il est dépositaire de la loi de Dieu et du prophète.

Le prophète a reçu de Dieu l'empire universel du monde; sa puissance, quant aux lois et au sacerdoce, a été transmise à ses successeurs de main en main jusqu'à ce jour et à l'émir el-Moumenin, qui donne au sultan l'investiture du consentement des grands juges, des docteurs de la loi, des grands officiers de la couronne et des commandants de l'armée (ce qui modifie la grace de Dieu, presque comme en Europe).

Par cette sanction le souverain élu devient le maître du trésor de l'état, le généralissime des troupes, le gouverneur des places, l'administrateur de toutes les affaires de l'empire; et chacun doit placer sa gloire à lui obéir.