Par une conséquence naturelle de cette misère, l’art de la culture est dans un état déplorable; faute d’aisance, le laboureur manque d’instruments, ou n’en a que de mauvais; la charrue n’est souvent qu’une branche d’arbre coupée sous une bifurcation, et conduite sans roues. On laboure avec des ânes, des vaches, et rarement avec des bœufs; ils annoncent trop d’aisance; aussi la viande de cet animal est-elle très-rare en Syrie et en Égypte; et elle y est toujours maigre et mauvaise, comme toutes les viandes des pays chauds. Dans les cantons ouverts aux Arabes, tels que la Palestine, il faut semer le fusil à la main. A peine le blé jaunit-il, qu’on le coupe, pour le cacher dans les matmoures ou caveaux souterrains. On en retire le moins que l’on peut pour les semences, parce que l’on ne sème qu’autant qu’il faut pour vivre; en un mot, l’on borne toute l’industrie à satisfaire les premiers besoins. Or, pour avoir un peu de pain, des ognons, une mauvaise chemise bleue, et un pagne de laine, il ne faut pas la porter bien loin. Le paysan vit donc dans la détresse; mais du moins il n’enrichit pas ses tyrans; et l’avarice du despotisme se trouve punie par son propre crime.
CHAPITRE XIV.
Des artisans, des marchands et du commerce.
LA classe qui fait valoir les denrées en les mettant en œuvre ou en circulation, n’est pas si maltraitée que celle qui les procrée: la raison en est que les biens des artisans et des marchands, consistant en effets mobiliers, sont moins soumis aux regards du gouvernement que ceux des paysans; en outre, les artisans et les marchands, rassemblés dans les villes, échappent plus aisément, par leur foule, à la rapacité de ceux qui commandent. C’est là une des causes principales de la population des villes dans la Syrie, et même dans toute la Turkie: tandis qu’en d’autres pays les villes sont en quelque sorte le regorgement des campagnes, là elles ne sont que l’effet de leur désertion. Les paysans chassés de leurs villages, viennent y chercher un refuge; et ils y trouvent la tranquillité, et même l’aisance. Les pachas veillent avec d’autant plus de soins à ce dernier article, que leur sûreté personnelle en dépend; car, outre les effets immédiats d’une sédition qui pourrait leur être funeste, la Porte ne leur pardonnerait pas d’exposer son repos pour le pain du peuple. Ils ont donc soin de tenir les vivres à bon marché dans les lieux considérables, et surtout dans celui de leur résidence: s’il y a disette, c’est toujours là qu’elle se fait le moins sentir. En pareil cas ils prohibent toute sorte de grains, ils obligent, sous peine de mort, quiconque en possède de le vendre au prix qu’ils y mettent; et si le pays en manque absolument, ils en envoient chercher au dehors, comme il arriva à Damas en novembre 1784. Le pacha mit des gardes sur toutes les routes, permit aux Arabes de piller tout chargement qui sortirait du pays, et envoya ordre dans le Hauran de vider toutes les matmoures; en sorte que, pendant que les paysans mouraient de faim dans les villages, le peuple de Damas ne payait le pain que deux paras (deux sous et demi) la livre de France, et croyait le payer très-cher; mais comme dans la machine politique nul ressort n’est indépendant, l’on n’a point porté des atteintes funestes à la culture, sans que les arts et le commerce s’en soient ressentis. Quelques détails sur cette partie vont faire juger si le gouvernement s’en occupe plus que des autres.
Le commerce en Syrie, considéré dans la manière dont il se pratique, est encore dans cet état d’enfance qui caractérise les siècles barbares et les pays non policés. Sur toute la côte, il n’y a pas un seul port capable de recevoir un bâtiment de 400 tonneaux, et les rades ne sont pas même assurées par des forts; les corsaires maltais profitaient autrefois de cette négligence pour faire des prises jusqu’à terre; mais comme les habitants rendaient les négociants européens responsables des accidents, la France a obtenu de l’ordre de Malte que ces corsaires n’approcheraient plus jusqu’à la vue de terre; en sorte que les naturels peuvent faire tranquillement leur cabotage, qui est assez vivace depuis Lataqîé jusqu’à Yâfa. Dans l’intérieur, il n’y a ni grandes routes ni canaux, pas même de ponts sur la plupart des rivières et des torrents, quelque nécessaires qu’ils fussent pendant l’hiver. Il n’y a de ville à ville ni poste ni messagerie. Le seul courrier qui existe est le Tartare qui vient de Constantinople à Damas par Alep. Ce courrier n’a de relais que dans les grandes villes, à de très-grandes distances; mais il peut démonter en cas de besoin tout cavalier qu’il rencontre. Il mène, selon l’usage des Tartares, un second cheval en main, et souvent il a un compagnon, de peur d’accident. De ville en ville les relations s’exécutent par des voituriers qui n’ont jamais de départ fixe. La raison en est qu’ils ne peuvent se mettre en chemin que par troupes ou caravanes; personne ne voyage seul, vu le peu de sûreté habituelle des routes. Il faut attendre que plusieurs voyageurs veuillent aller au même endroit, ou profiter du passage de quelque grand qui se fait protecteur, et souvent oppresseur de la caravane. Ces précautions sont surtout nécessaires dans les pays ouverts aux Arabes, tels que la Palestine et toute la frontière du désert, et même sur la route d’Alep à Skandaroun, à raison des brigands kourdes. Dans les montagnes et sur la côte entre Lataqîé et le Carmel, l’on voyage avec plus de sûreté; mais les chemins dans les montagnes sont très-pénibles, parce que les habitants, loin de les adoucir, les rendent scabreux, afin, disent-ils, d’ôter aux Turks l’envie d’y amener leur cavalerie. Il est remarquable que dans toute la Syrie, l’on ne voit pas un chariot ni une charrette; ce qui vient sans doute de la crainte de les voir prendre par les gens du gouvernement, et de faire d’un seul coup une grosse perte. Tous les transports se font à dos de mulets, d’ânes ou de chameaux; ces animaux y sont tous excellents. Les deux premiers sont plus employés dans les montagnes, et rien n’égale leur adresse à grimper et glisser sur des talus de roc vif. Le chameau est plus usité dans les plaines, parce qu’il consomme moins et porte davantage. Sa charge ordinaire est d’environ 750 livres de France. Sa nourriture est de tout ce que l’on veut lui donner, paille, broussailles, noyaux de dattes pilés, fèves, orge, etc. Avec une livre d’aliments, et autant d’eau par jour, on peut le mener des semaines entières. Dans le trajet du Caire à Suez, qui est de 40 à 46 heures (y compris les repos), ils ne mangent ni ne boivent; mais ces diètes répétées les épuisent comme tous les animaux: alors ils ont une haleine cadavéreuse. Leur marche ordinaire est très-lente, puisqu’ils ne font que 17 à 1800 toises à l’heure: il est inutile de les presser, ils n’en vont pas plus vite; ils peuvent, avec des pauses, marcher 15 et 18 heures par jour. Il n’y a d’auberges en aucun lieu; mais les villes et la plupart des villages ont un grand bâtiment appelé khan, ou kervan-seraï, qui sert d’asile à tous les voyageurs. Ces hospices, toujours placés hors l’enceinte des villes, sont composés de quatre ailes régnant autour d’une cour carrée qui sert de parc. Les logements sont des cellules où l’on ne trouve que les quatre murs, de la poussière, et quelquefois des scorpions. Le gardien de ce khan est chargé de donner la clef et une natte: le voyageur à dû se fournir du reste; ainsi il doit porter avec lui son lit, sa batterie de cuisine, et même ses provisions; car souvent l’on ne trouve pas de pain dans les villages. En conséquence les Orientaux donnent à leur attirail la plus grande simplicité et la forme la plus portative. Celui d’un homme qui ne veut manquer de rien, consiste en un tapis, un matelas, une couverture, deux casseroles avec leurs couvercles, entrant les uns dans les autres; plus, deux plats, deux assiettes et une cafetière, le tout de cuivre bien étamé; plus, une petite boîte de bois pour le sel et le poivre; six tasses à café sans anses, emboîtées dans un cuir; une table ronde en cuir, que l’on pend à la selle du cheval; de petites outres ou sacs de cuir pour l’huile, le beurre fondu, l’eau et l’eau-de-vie, si c’est un chrétien; enfin une pipe, un briquet, une tasse de coco, du riz, des raisins secs, des dattes, du fromage de Cypre, et surtout du café en grain, avec la poêlette pour le rôtir, et le mortier de bois pour le piler. Je cite ces détails parce qu’ils prouvent que les Orientaux sont plus avancés que nous dans l’art de se passer de beaucoup de choses, et cet art n’est pas sans mérite. Nos négociants européens ne s’accommodent pas de tant de simplicité; aussi leurs voyages sont-ils très-dispendieux, et par cette raison très-rares; mais les naturels, même les plus riches, ne font pas difficulté de passer une partie de leur vie de cette manière sur les routes de Bagdâd, de Basra, du Kaire, et même de Constantinople. Les voyages sont leur éducation, leur science, et dire d’un homme qu’il est négociant, c’est dire qu’il est voyageur. Ils y trouvent l’avantage de puiser leurs marchandises aux premières sources, de les avoir à meilleur marché, de veiller à leur sûreté en les escortant, de parer aux accidents qui peuvent arriver, et d’obtenir quelques graces sur les péages qui sont multipliés; enfin, ils apprennent à connaître les poids et les mesures, dont l’extrême diversité rend leur art très-compliqué. Chaque ville a son poids qui, avec un même nom, diffère en valeur de celui d’une autre. Le rotl d’Alep pèse environ six livres de Paris; celui de Damas, cinq un quart; celui de Saide, moins de cinq; celui de Ramlé, près de sept. Le seul derhem, c’est-à-dire, la dragme, qui est le premier élément de ces mesures, est le même partout. Les mesures longues varient moins: l’on n’en connaît que deux, la coudée égyptienne (drâà Masri), et la coudée de Constantinople (drâà Stambouli). Les monnaies sont encore plus fixes, et l’on peut parcourir tout l’empire, depuis Kotchim jusqu’à Asouan, sans changer d’espèces. La plus simple de ces monnaies est le para, appelé aussi medin, fadda, qata, mesrié; il est de la grandeur d’une pièce de six sous, et ne vaut que cinq de nos liards. Après le para, viennent successivement les pièces de cinq, de dix et de vingt paras; puis la zolata ou izlote, qui en vaut trente; la piastre, dite qerch asadi, ou piastre au lion, qui vaut 40 paras, ou 50 sous de France; c’est la plus usitée dans le commerce: enfin l’aboukelb, ou piastre au chien, qui vaut 60 paras. Toutes ces monnaies sont d’argent tellement allié de cuivre, que l’aboukelb a la grandeur d’un écu de six livres, quoiqu’il ne vaille que 3 livres 15 sous. Elles ne portent point d’effigie, selon la défense du Prophète, mais seulement le chiffre du sultan d’un côté, et de l’autre ces mots: Sultan des deux continents Kâbân[72] (c’est-à-dire Seigneur), des deux mers, le Sultan, fils du Sultan N, frappé à Stamboul (Constantinople), ou à Masr (le Kaire), qui sont les deux seules villes où l’on batte monnaie. Les pièces d’or sont le sequin, dit dahab, c’est-à-dire, pièce d’or; et encore zahr-mahaboub, ou fleur bien-aimée: il vaut trois piastres de 40 paras, ou sept livres dix sous; le demi-sequin ne vaut que 60 paras. Il y a encore un sequin dit fondouqli, qui en vaut 170, mais il est très-rare. Outre ces monnaies, qui sont celles de l’empire, il y a aussi quelques espèces d’Europe qui n’ont pas moins de cours; ce sont en argent les dahlers d’Allemagne, et en or les sequins de Venise. Les dahlers valent en Syrie 90 à 92 paras, et les sequins 205 à 208. Ces deux espèces gagnent huit à dix paras de plus en Égypte. Les sequins de Venise sont très-recherchés pour la finesse de leur titre, et pour faire des parures aux femmes. La façon de ces parures n’exige pas beaucoup d’art; il s’agit tout simplement de percer la pièce d’or, pour l’attacher à une chaîne également d’or qui règne en rivière sur la poitrine. Plus cette chaîne a de sequins, plus il y a de pareilles chaînes, plus une femme est censée parée. C’est le luxe favori et l’émulation générale: il n’y a pas jusqu’aux paysannes qui, faute d’or, portent des piastres ou de moindres pièces; mais les femmes d’un certain rang dédaignent l’argent; elles ne veulent que des sequins de Venise, ou de grandes pièces d’Espagne et des cruzades: telle d’entre elles en porte deux et trois cents, tant en rivière qu’en rouleau couché sur le front, au bord du bonnet: c’est un vrai fardeau; mais elles ne croient pas payer trop cher le plaisir d’étaler ce trésor au bain public, devant une foule de rivales, dont la jalousie même est une jouissance. L’effet de ce luxe sur le commerce, est d’en retirer des sommes considérables, dont le fonds reste mort; en outre, lorsqu’il rentre en circulation quelques-unes de ces pièces, comme elles ont perdu de leur poids en les perçant, il faut les peser. Cet usage de peser la monnaie est habituel et général en Syrie, en Égypte et dans toute la Turkie. L’on n’y refuse aucune pièce, quelque dégradée qu’elle soit; le marchand tire son trébuchet et l’estime: c’est comme au temps d’Abraham, lorsqu’il acheta son sépulcre. Dans les paiements considérables, l’on fait venir un agent de change, qui compte des milliers de paras, rejette beaucoup de pièces fausses, et pèse tous les sequins ensemble ou l’un après l’autre.
Presque tout le commerce de Syrie est entre les mains des Francs, des Grecs et des Arméniens. Ci-devant il était dans celles des Juifs: les Musulmans s’en mêlent peu, non qu’ils en soient détournés par esprit de religion, ou par nonchalance, comme l’ont cru quelques politiques, mais parce qu’ils y trouvent des obstacles suscités par le gouvernement; fidèle à son esprit, la Porte, au lieu de donner à ses sujets une préférence marquée, a trouvé plus lucratif de vendre à des étrangers leurs droits et leur industrie. Quelques états d’Europe, en traitant avec elle, ont obtenu que leurs marchandises ne paieraient de douane que trois pour cent, tandis que celles des sujets turks paient de rigueur dix, ou de grace sept pour cent; en outre, la douane, une fois acquittée dans un port, n’est plus exigible dans un autre pour des Francs, et elle l’est pour les sujets. Enfin les Francs ayant trouvé commode d’employer comme agents les chrétiens latins, ils ont obtenu de les faire participer à leurs priviléges, et ils les ont soustraits au pouvoir des pachas, et à la justice turke. On ne peut les dépouiller, et si l’on a un procès de commerce avec eux, il faut venir le plaider devant le consul européen. Avec tant de désavantage, est-il étonnant que les musulmans cèdent le commerce à leurs rivaux? Ces agents des Francs sont connus en Levant sous le nom de drogmans barataires, c’est-à-dire, d’interprètes[73] privilégiés. Le barat ou privilége est une patente dont le sultan fait présent aux ambassadeurs résidants à la Porte. Ci-devant ces ambassadeurs en faisaient présent à leur tour à des sujets choisis dans chaque comptoir; mais depuis 20 ans, on leur a fait comprendre qu’il était plus lucratif de les vendre. Le prix actuel est de cinq à six mille livres; chaque ambassadeur en a 50, qui se renouvellent à la mort de chaque titulaire, ce qui forme un casuel assez considérable.
La nation d’Europe qui fait le plus grand commerce en Syrie, est la française. Ses importations consistent en cinq articles principaux, qui sont, 1º les draps de Languedoc; 2º les cochenilles qui se tirent de Cadix; 3º les indigos; 4º les sucres; et 5º les cafés des Antilles, qui ont pris faveur chez les Turks, et qui servent à mélanger ceux d’Arabie, plus estimés, mais trop chers. A ces objets, il faut ajouter des quincailleries, des fers fondus, du plomb en lames, de l’étain, quelques galons de Lyon, quelques savons, etc.
Les retours consistent presque entièrement en cotons, soit filés, soit en laine, soit ouvrés en toiles assez grossières; en quelques soies de Tripoli, les autres sont prohibées; en noix de galle, en cuivre et en laines qui viennent du dehors de la Syrie. Les comptoirs ou échelles[74] des Français sont au nombre de sept, savoir: Alep, Skandaroun, Lataqîé, Tripoli, Saide, Acre et Ramlé. La somme de leurs importations se monte à 6,000,000..... savoir:
| Pour Alep et Skandaroun, | 3,000,000 |
| Pour Saide et Acre, | 2,000,000 |
| Pour Tripoli et Lataqîé, | 400,000 |
| Et pour Ramlé, | 600,000 |
| Total. | 6,000,000 |
Tout ce commerce s’exploite presque uniquement par la ville de Marseille. Ce n’est pas qu’il ne soit permis à nos autres ports de la Méditerranée et même de l’Océan, d’expédier des vaisseaux en Levant; mais l’obligation où ils sont à leur retour de relâcher au lazaret de Marseille pour y faire quarantaine, en leur rendant cette permission onéreuse, la rend inutile. La province de Languedoc, où se fabriquent les draps qui font la base de notre exportation, a de tout temps sollicité l’avantage d’avoir aussi un lazaret pour traiter directement avec la Turkie; mais le gouvernement s’y est toujours refusé, par la crainte d’ouvrir plusieurs portes à un fléau aussi terrible que la peste. Il refuse également aux étrangers, et même aux naturels de Turkie, de débarquer leurs marchandises à Marseille, à moins de payer un droit de vingt pour cent. Cette exclusion avait été levée en 1777, d’après plusieurs motifs raisonnés, dont l’ordonnance rendait compte; mais les négociants de Marseille ont tellement réclamé, que les choses sont remises sur l’ancien pied depuis le mois d’avril 1785. C’est à la France à discuter ses intérêts à cet égard. Considéré par rapport à l’empire turk, l’on peut assurer que son commerce avec l’Europe et l’Inde lui est plutôt nuisible qu’avantageux. En effet, les objets que cet état exporte étant tous des matières brutes et non ouvrées, il se prive de tous les avantages qu’il aurait à les faire travailler par ses propres sujets. En second lieu, les marchandises qui viennent de l’Europe et de l’Inde étant des objets de pur luxe, elles n’augmentent les jouissances que de la classe des riches, des gens du gouvernement, et ne servent peut-être qu’à rendre plus dure la condition du peuple et des cultivateurs. Sous un gouvernement qui ne respecte point les propriétés, le désir de multiplier les jouissances doit irriter la cupidité et redoubler les vexations. Pour avoir plus de draps, de fourrures, de galons, de sucre, de châles et d’indiennes, il faut plus d’argent, plus de coton, plus de soies, plus d’extorsions. Il a pu en résulter un avantage instantané aux états qui ont fourni les objets de ce luxe; mais la surabondance du présent n’a-t-elle pas été prise sur l’aisance de l’avenir? Et peut-on espérer de faire long-temps un commerce riche avec un pays qui se ruine?