Les dépendances de Saide sont Sour (Tyr) et les villes de Palestine, telles que Ramlé, Jérusalem, Loudd, Magedal, etc. Ce département est un des plus importants; il consomme 8 à 900 ballots de draps. Il paie en coton cru et en coton filé. Les Français y sont sans concurrents. A Saide, ils ont un ou plusieurs préposés qui achètent tous les lundis ou mardis le coton filé; à Acre, ils ont voulu faire cette même ligue; mais le pacha a accaparé tous les cotons, a fait défense d’en vendre, et est devenu le seul maître; et comme les négociants avaient besoin d’objets de retour, il a taxé le quintal de coton à dix piastres de droits. Les envois pour Saide et Acre se montent à 1,500,000 fr., et les retraits à 1,800,000 fr.

L’Égypte.

Alexandrie est le seul port où il y ait un comptoir. Damiette n’a que des facteurs. Rosette est un entrepôt, et le Kaire est le grand lieu de consommation.

L’Égypte consomme beaucoup de draps, de cochenille, d’épiceries, de fer, d’alquifoux et de liqueurs: on fait passer aussi beaucoup de ces draps et de la cochenille à Djedda, ainsi que des sequins de Venise et des dahlers.

La nation française et son consul ont quitté le Kaire depuis 1777. Il est cependant resté quelques facteurs sous leur propre garantie; on leur passe 10,000 fr. par an, pour leurs avanies.

Damiette est une mauvaise rade: on y charge du riz en fraude, en simulant un retour pour un port de Turkie. On en tire dix à douze chargements pour l’Europe par an.

(L’auteur du mémoire ne dit rien des retours d’Égypte; ils consistent en café Moka, en toiles grossières de coton pour vêtir les noirs des Antilles, en safranon, en casse, séné, etc.)

Le commerce d’Égypte a des hausses et des baisses considérables. On estime l’envoi moyen à 2,500,000 fr., et le retour à 3,000,000 fr.

Barbarie, Tripoli.

Le gouvernement vexatoire et anarchique de Tripoli empêche d’y faire tout le commerce dont la fertilité du pays le rend susceptible. Les Arabes tiennent la campagne et la dévastent. Les caravanes du Faizan et du Mourzouq arrivent deux fois par an à Tripoli, et y apportent des noirs mâles et femelles, de la poudre d’or, des dents d’éléphants et quelques autres articles. Les Français ont tenté d’y faire des établissements; mais la mauvaise foi des habitants, en les frustrant de leur paiement, les a forcés d’y renoncer. On n’y commerce que par les bâtiments caravanes (c’est-à-dire caboteurs), qui y portent de gros draps, des clincailles, des étoffes de soie, des liqueurs pour environ 50,000 fr. Ils retirent du blé, de l’orge, des légumes, du séné, des dattes et la barille, pour 70,000 fr.