Du pachalic de Saide, dit aussi d’Acre.
AU midi du pachalic de Tripoli, et sur le prolongement de la même côte maritime, s’étend un troisième pachalic, qui jusqu’à ce jour a porté le nom de la ville de Saide, sa capitale, mais qui maintenant pourra prendre celui d’Acre, où le pacha, depuis quelques années, a transféré sa résidence. La consistance de ce gouvernement a beaucoup varié dans ces derniers temps. Avant Dâher, il était composé du pays des Druzes et de toute la côte, depuis Nahr-el-kelb jusqu’au Carmel. A mesure que Dâher s’agrandit, il le resserra au point que le pacha ne posséda plus que la ville de Saide, dont il finit par être chassé; mais à la chute de Dâher, on a rétabli l’ancienne consistance. Djezzâr, qui a succédé à ce chaik en qualité de pacha, y a fait annexer le pays de Safad, de Tabarîé, de Balbek, ci-devant relevant de Damas, et le territoire de Qâïsarié (Césarée), occupé par les Arabes de Saqr. C’est aussi ce pacha qui, profitant des travaux de Dâher à Acre, a transféré sa résidence en cette ville; et de ce moment elle est devenue la capitale de la province.
Par ces divers accroissements, le pachalic d’Acre embrasse aujourd’hui tout le terrain compris depuis Nahr-el-kelb jusqu’au sud de Qâïsarié, entre la Méditerranée à l’ouest, l’Antiliban et le cours supérieur du Jourdain à l’est. Cette étendue lui donne d’autant plus d’importance, qu’il y joint des avantages précieux de position et de sol. Les plaines d’Acre, d’Ezdredon, de Sour, de Haoulé, et le bas-Beqââ, sont vantées avec raison pour leur fertilité. Le blé, l’orge, le maïs, le coton et le sésame y rendent, malgré l’imperfection de la culture, vingt et vingt-cinq pour un. Le pays de Qaïsarié possède une forêt de chênes, la seule de la Syrie. Le pays de Safad donne des cotons que leur blancheur fait estimer à l’égal de ceux de Cypre. Les montagnes voisines de Sour ont des tabacs aussi bons que ceux de Lataqîé, et l’on y trouve un canton où ils ont un parfum de girofle qui les fait réserver à l’usage exclusif du sultan et de ses femmes. Le pays des Druzes abonde en vins et en soies; enfin par la position de la côte et la quantité de ses anses, ce pachalic devient l’entrepôt nécessaire de Damas et de toute la Syrie intérieure.
Le pacha jouit de tous les droits de sa place; il est gouverneur despote, et fermier général. Il rend chaque année à la Porte une somme fixe de sept cent cinquante bourses; mais en outre, il est obligé, ainsi qu’à Tripoli, de fournir le djerdé ou convoi des pèlerins de la Mekke. On estime également sept cent cinquante bourses la quantité de riz, de blé, d’orge employés à ce convoi. Le bail de la ferme est pour un an seulement; mais il est souvent prorogé. Ses revenus sont: 1º le miri; 2º les sous-fermes des peuples tributaires, tels que les Druzes, les Motouâlis, et quelques tribus d’Arabes; 3º le casuel toujours abondant des successions et des avanies; 4º les produits des douanes, tant sur l’entrée que sur la sortie et le passage des marchandises. Cet article seul a été porté à mille bourses (1,250,000 liv.) dans la ferme que Djezzâr a passée, en 1784, de tous ses ports et anses. Enfin ce pacha, usant d’une industrie familière à ses pareils dans toute l’Asie, fait cultiver des terrains pour son compte, s’associe avec des marchands et des manufacturiers, et prête de l’argent à intérêt aux laboureurs et aux commerçants. La somme qui résulte de tous ces moyens, est évaluée entre neuf et dix millions de France. Si l’on y compare son tribut, qui n’est que de 1500 bourses, ou 1,875,000 liv., l’on pourra s’étonner que la Porte lui permette d’aussi gros bénéfices; mais ceci est encore un des principes du divan. Le tribut une fois déterminé, il ne varie plus. Seulement si le fermier s’enrichit, on le pressure par des demandes extraordinaires; souvent on le laisse thésauriser en paix; mais lorsqu’il s’est bien enrichi, il arrive toujours quelque accident qui amène à Constantinople son coffre fort ou sa tête. En ce moment, la Porte ménage Djezzâr, à raison, dit-elle, de ses services. En effet, il a contribué à la ruine de Dâher; il a détruit la famille de ce prince, réprimé les Bedouins de Saqr, abaissé les Druzes, et presque anéanti les Motouâlis. Ces succès lui ont valu des prorogations qui se continuent depuis dix ans. Récemment il a reçu les trois queues, et le titre de ouâzir (vizir) qui les accompagne[20]; mais, par un retour ordinaire, la Porte commence à prendre ombrage de sa fortune; elle s’alarme de son humeur entreprenante; lui, de son côté, redoute sa fourberie; en sorte qu’il règne de part et d’autre une défiance qui pourra avoir des suites. Il entretient des soldats en plus grand nombre et mieux tenus qu’aucun autre pacha; et il observe de n’enrôler que des gens venus de son pays; c’est-à-dire des Bochnâqs et des Arnautes; leur nombre se monte à environ neuf cents cavaliers. Il y joint environ mille Barbaresques à pied. Les portes de ses villes frontières ont des gardes régulières; ce qui est inusité dans le reste de la Syrie. Sur mer, il a une frégate, deux galiotes et un chébek qu’il a récemment pris sur les Maltais. Par ces précautions, dirigées en apparence contre l’étranger, il se met en garde contre les surprises du divan. L’on a déja tenté plus d’une fois la voie des capidjis; mais il les a fait veiller de si près, qu’ils n’ont rien pu exécuter; et les coliques subites qui en ont fait périr deux ou trois, ont beaucoup refroidi le zèle de ceux qui se chargent d’un si cauteleux emploi. D’ailleurs il soudoie des espions dans le séraï ou palais du sultan; et il y répand un argent qui lui assure des protecteurs. Ce moyen vient de lui procurer le pachalic de Damas, qu’il ambitionnait depuis long-temps, et qui en effet est le plus important de toute la Syrie. Il a cédé celui d’Acre à un mamlouk nommé Sélim, son ami et son compagnon de fortune; mais cet homme lui est si dévoué, que l’on peut regarder Djezzâr comme maître des deux gouvernements. L’on dit qu’il sollicite encore celui d’Alep. S’il l’obtient, il possédera presque toute la Syrie, et peut-être la Porte aura-t-elle trouvé un rebelle plus dangereux que Dâher; mais comme les conjectures en pareilles matières sont inutiles, et presque impossibles à asseoir, je vais passer, sans y insister, à quelques détails sur les lieux les plus remarquables de ce pachalic.
Le premier qui se présente en venant de Tripoli le long de la côte, est la ville de Béryte, que les Arabes prononcent comme les anciens Grecs, Baîrout[21]. Son local est une plaine qui du pied du Liban s’avance en pointe dans la mer, environ deux lieues hors la ligne commune du rivage: l’angle rentrant qui en résulte au nord, forme une assez grande rade, où débouche la rivière de Nahr-el-Salib, dite aussi Nahr-Baîrout. Cette rivière en hiver a des débordements qui ont forcé d’y construire un pont assez considérable; mais il est tellement ruiné, que l’on n’y peut plus passer: le fond de la rade est un roc qui coupe les câbles des ancres, et rend cette station peu sûre. De là, en allant à l’ouest vers la pointe, l’on trouve, après une heure de chemin, la ville de Baîrout. Jusqu’à ces derniers temps elle avait appartenu aux Druzes; mais Djezzâr a jugé à propos de la leur retirer, et d’y mettre une garnison turke. Elle n’en continue pas moins d’être l’entrepôt des Maronites et des Druzes: c’est par là qu’ils font sortir leurs cotons et leurs soies, destinées presque toutes pour le Kaire. Ils reçoivent en retour du riz, du tabac, du café et de l’argent, qu’ils échangent encore contre les blés de Beqâà et du Hauran: ce commerce entretient une population assez active, d’environ six mille ames. Le dialecte des habitants est renommé avec raison pour être le plus mauvais de tous; il réunit à lui seul les douze défauts d’élocution dont parlent les grammairiens arabes. Le port de Baîrout, formé comme tous ceux de la côte par une jetée, est comme eux comblé de sables et de ruines; la ville est enceinte d’un mur dont la pierre molle et sablonneuse cède au boulet de canon sans éclater; ce qui contraria beaucoup les Russes quand ils l’attaquèrent. D’ailleurs, ce mur et ses vieilles tours sont sans défense. Il s’y joint deux autres inconvénients qui condamnent Baîrout à n’être jamais qu’une mauvaise place; car d’une part elle est dominée par un cordon de collines qui courent à son sud-est, et de l’autre elle manque d’eau dans son intérieur. Les femmes sont obligées de l’aller puiser à un demi-quart de lieue, à une source où elle n’est pas trop bonne. Djezzâr a entrepris de construire une fontaine publique, comme il a fait à Acre; mais le canal que j’ai vu creuser sera de peu de durée. Les fouilles que l’on a faites en d’autres circonstances pour former des citernes, ont fait découvrir des ruines souterraines, d’après lesquelles il paraît que la ville moderne est bâtie sur l’ancienne. Lataqîé, Antioche, Tripoli, Saide, et la plupart des villes de la côte sont dans le même cas, par l’effet des tremblements de terre qui les ont renversées à diverses époques. On trouve aussi hors des murs à l’ouest, des décombres et quelques fûts de colonnes, qui indiquent que Baîrout a été autrefois beaucoup plus grande qu’aujourd’hui. La plaine qui forme son territoire est toute plantée en mûriers blancs, qui, au contraire de ceux de Tripoli, sont jeunes et vivaces, parce que sous la régie druze on les renouvelait impunément. Aussi la soie qu’ils fournissent est d’une très-belle qualité: c’est un coup d’œil vraiment agréable, lorsqu’on vient des montagnes, d’apercevoir, de leurs sommets ou de leurs pentes, le riche tapis de verdure que déploie au fond lointain de la vallée cette forêt d’arbres utiles: dans l’été, le séjour de Baîrout est incommode par sa chaleur et son eau tiède; cependant il n’est pas malsain: on dit qu’il le fut autrefois, mais qu’il cessa de l’être depuis que l’émir Fakr-el-dîn eut planté un bois de sapins qui subsiste encore à une lieue de la ville; les religieux de Mahr-Hanna, qui ne sont pas des physiciens à systèmes, citent la même observation pour divers couvents; ils assurent même que depuis que les sommets se sont couverts de sapins, les eaux de diverses sources sont devenues plus abondantes et plus saines: ce qui est d’accord avec d’autres faits déja connus.
Le pays des Druzes offre peu de lieux intéressants. Le plus remarquable est Dair-el Qamar ou Maison de la Lune, qui est la capitale et la résidence des émirs. Ce n’est point une cité, mais simplement un gros bourg mal bâti et fort sale. Il est assis sur le revers d’une montagne, au pied de laquelle coule une des branches de l’ancien fleuve Tamyras, aujourd’hui ruisseau de Dâmour. Sa population est formée de Grecs catholiques et schismatiques, de Maronites et de Druzes, au nombre de quinze à dix-huit cents ames. Le séraï ou palais du prince, n’est qu’une grande et mauvaise maison qui menace ruine.
Je citerai encore Zahlé, village au pied des montagnes, sur la vallée de Beqâà: depuis vingt ans ce lieu est devenu le centre des relations de Balbek, de Damas et de Baîrout, avec l’intérieur des montagnes. L’on prétend même qu’il s’y fabrique de la fausse monnaie; mais les ouvriers qui contrefont les piastres turkes, n’ont pu imiter la gravure plus fine des dahlers d’Allemagne.
J’oubliais d’observer que le pays des Druzes est divisé en qàtas ou sections, qui ont chacune un caractère principal qui les distingue. Le Matné qui est au nord, est le plus rocailleux et le plus riche en fer. Le Garb qui vient ensuite, a les plus beaux sapins. Le Sâhel, ou pays plat, qui est la lisière maritime, est riche en mûriers, et en vignes. Le Choûf, où se trouve Dair-el-Qamar, est le plus rempli d’oqqâls, et produit les plus belles soies. Le Tefâh, ou district des pommes, qui est au midi, abonde en ce genre de fruits. Le Chaqîf a les meilleurs tabacs; enfin l’on donne le nom de Djourd à toute la région la plus élevée et la plus froide des montagnes: c’est là que les pasteurs retirent dans l’été leurs troupeaux.
J’ai dit que les Druzes avaient accueilli chez eux des chrétiens grecs et maronites, et leur avaient concédé des terrains pour y bâtir des couvents. Les Grecs catholiques, usant de cette permission, en ont fondé douze depuis 70 ans. Le chef-lieu est Mar-hanna: ce monastère est situé en face du village de Chouair, sur une pente escarpée, au pied de laquelle coule en hiver un torrent qui va au Nahr-el-Kelb. La maison, bâtie au milieu de rochers et de blocs écroulés, n’est rien moins que magnifique. C’est un dortoir à deux rangs de petites cellules, sur lesquelles règne une terrasse solidement voûtée: l’on y compte 40 religieux. Son principal mérite est une imprimerie arabe, la seule qui ait réussi dans l’empire turk. Il y a environ 50 ans qu’elle est établie: le lecteur ne trouvera peut-être pas mauvais d’en apprendre en peu de mots l’histoire.
Dans les premières années de ce siècle, les jésuites, profitant de la considération que leur donnait la protection de la France, déployaient dans leur maison d’Alep le zèle d’instruction qu’ils ont porté partout. Ils avaient fondé dans cette ville une école où ils s’efforçaient d’élever les enfants des chrétiens dans la connaissance de la religion romaine, et dans la discussion des hérésies: ce dernier article est toujours le point capital des missionnaires; il en résulte une manie de controverse qui met sans cesse aux prises les partisans des différents rites de l’Orient. Les Latins d’Alep, excités par les jésuites, ne tardèrent pas de recommencer, comme autrefois, à argumenter contre les Grecs; mais comme la logique exige une connaissance méthodique de la langue, et que les chrétiens, exclus des écoles musulmanes, ne savaient que l’arabe vulgaire, ils ne pouvaient satisfaire par écrit leur goût de controverse. Pour y parvenir, les Latins résolurent de s’initier dans le scientifique de l’arabe. L’orgueil des docteurs musulmans répugnait à en ouvrir les sources à des infidèles; mais leur avarice fut encore plus forte que leurs scrupules; et moyennant quelques bourses, la science si vantée de la grammaire et du nahou fut introduite chez les chrétiens. Le sujet qui se distingua le plus par les progrès qu’il y fit, fut un nommé Abd-allah-zâker; il y joignit un zèle particulier à promulguer ses connaissances et ses opinions. On ne peut déterminer les suites qu’eût pu avoir cet esprit de prosélytisme dans Alep; mais un accident ordinaire en Turkie vint en déranger la marche. Les schismatiques, blessés des attaques d’Abd-allah, sollicitèrent sa perte à Constantinople. Le patriarche, excité par ses prêtres, le représenta au vizir comme un homme dangereux: le vizir, qui connaissait les usages, feignit d’abord de ne rien croire; mais le patriarche ayant appuyé ses raisons de quelques bourses, le vizir lui délivra un kat-chérîf, ou noble-seing du sultan, qui, selon la coutume, portait ordre de couper la tête à Abd-allah. Heureusement il fut prévenu assez à temps pour s’échapper; et il se sauva dans le Liban où sa vie était en sûreté; mais en quittant son pays, il ne perdit pas ses idées de réforme, et il résolut plus que jamais de répandre ses opinions. Il ne le pouvait plus que par des écrits: la voie des manuscrits lui parut insuffisante. Il connaissait les avantages de l’imprimerie: il eut le courage de former le triple projet d’écrire, de fondre et d’imprimer; et il parvint à l’exécuter par son esprit, sa fortune, et son talent de graveur, qu’il avait déja exercé dans la profession de joaillier. Il avait besoin d’un associé, et il eut le bonheur d’en trouver un qui partagea ses desseins: son frère, qui était supérieur à Mar-hanna, le détermina à choisir cette résidence; et dès lors, libre de tout autre soin, il se livra tout entier à l’exécution de son projet. Son zèle et son activité eurent tant de succès, que dès 1733 il fit paraître les Psaumes de David en un volume. Ses caractères furent trouvés si corrects et si beaux, que ses ennemis mêmes achetèrent son livre: depuis ce temps on en a renouvelé dix fois l’impression; l’on a fondu de nouveaux caractères, mais l’on n’a rien fait de supérieur aux siens. Ils imitent parfaitement l’écriture à la main; ils en observent les pleins et les déliés, et n’ont point l’air maigre et décousu des caractères arabes d’Europe. Il passa ainsi 20 années à imprimer divers ouvrages, qui furent la plupart des traductions de nos livres dévots. Ce n’est pas qu’il sût aucune de nos langues; mais les jésuites avaient déja traduit plusieurs livres; et comme leur arabe était tout-à-fait mauvais, il refondit leurs traductions, et leur substitua sa version, qui est un modèle de pureté et d’élégance. Sous sa plume, la langue a pris une marche soutenue, un style nombreux, clair et précis dont on ne l’eût pas crue capable, et qui indique que si jamais elle est maniée par un peuple savant, elle sera l’une des plus heureuses et des plus propres à tous les genres. Après la mort d’Abd-allah, arrivée vers 1755, son élève lui succéda; à celui-ci ont succédé des religieux de la maison même; ils ont continué d’imprimer et de fondre; mais l’établissement est languissant et menace de finir. Les livres se vendent peu, à l’exception des Psaumes, dont les chrétiens ont fait le livre classique de leurs enfants, et qu’il faut, par cette raison, renouveler sans cesse. Les frais sont considérables, attendu que le papier vient d’Europe, et que la main-d’œuvre est très-lente. Un peu d’art remédierait au premier de ces inconvénients; mais le second est radical. Les caractères arabes exigeant d’être liés entre eux, il faut, pour les bien joindre et les aligner, des soins d’un détail immense. En outre, la liaison des lettres variant de l’une à l’autre, selon qu’elles sont au commencement, au milieu ou à la fin d’un mot, il a fallu fondre beaucoup de lettres doubles; par-là les casses trop multipliées ne se trouvent plus rassemblées sous la main du compositeur; il est obligé de courir le long d’une table de dix-huit pieds de long, et de chercher ses lettres dans près de neuf cents cassetins: de là, une perte de temps qui ne permettra jamais aux imprimeries arabes d’atteindre à la perfection des nôtres. Quant au peu de débit des livres, il ne faut l’imputer qu’au mauvais choix que l’on en a fait; au lieu de traduire des ouvrages d’une utilité pratique, et qui fussent propres à éveiller le goût des arts chez tous les Arabes sans distinction, l’on n’a traduit que des livres mystiques exclusivement propres aux chrétiens, et qui, par leur morale misanthropique, ne sont faits que pour fomenter le dégoût de toute science et même de la vie. Le lecteur en pourra juger par le catalogue ci-joint.