«Cependant celui que j’ai vu écrivait sur votre ardoise: son écriture doit y être restée», dit Bruce.
On regarde l’ardoise; elle porte ces mots: «Steer to the north-west», c’est-à-dire: «Gouvernez au nord-ouest».
«Mais cette écriture est de vous ou de quelqu’un du bord?
— Non.»
Chacun est prié d’écrire la même phrase, et nulle écriture ne ressemble à celle de l’ardoise.
«Eh bien, obéissons au sens de ces mots; gouvernez le navire au nord-ouest, le vent est bon et permet de tenter l’expérience.»
Trois heures après, la vigie signalait une montagne de glace et voyait, y attenant, un vaisseau de Québec, démantelé, couvert de monde, cinglant vers Liverpool, et dont les passagers furent amenés par les chaloupes du bâtiment de Bruce.
Au moment où l’un de ses hommes gravissait le flanc du vaisseau libérateur, Bruce tressaillit et recula, fortement ému. Il venait de reconnaître l’étranger qu’il avait vu traçant les mots de l’ardoise. Il raconte à son capitaine le nouvel incident.
«Veuillez écrire «Steer to the north-west» sur cette ardoise», dit au nouveau venu le capitaine, lui présentant le côté qui ne porte aucune écriture.
L’étranger trace les mots demandés.