ALÉSIA ET SES ENVIRONS.

CHAPITRE XVIII

VERCINGÉTORIX SE REND À CÉSAR

Quoniam sit Fortunæ cedendum,... morte sua Romanis satisfacere... velint.

César, Guerre des Gaules, VII, 89, § 2.

I. Dernière défaite de l’armée de secours. — II. De la possibilité de continuer la lutte. Les chefs survivants. — III. Vercingétorix prend la résolution de se rendre. — IV. Motifs supposés de cette résolution. — V. Déclarations de Vercingétorix à son conseil. — VI. Préparatifs de la reddition. — VII. Cérémonial de la reddition de Vercingétorix.

I

Vercingétorix put, pendant la nuit, établir le bilan de la défaite.

Ce qu’il avait éprouvé lui-même et ce que ses hommes avaient vu du haut des remparts, signifiait qu’Alésia était perdue. Trois fois il s’était heurté aux lignes de la plaine, sans avoir pu entamer la terrasse; il l’avait ouverte enfin sur les lignes d’en haut, mais les légionnaires avaient fermé la brèche de leurs propres corps, et aucun allié du dehors n’était apparu sur ce point pour le soutenir et pour prendre à dos ses adversaires. Il était évident pour lui, non seulement que toute la Gaule ne s’était point levée à son ordre, mais que, de ceux qui étaient venus, les deux tiers n’avaient point bougé à ses cris. Vercingétorix devina peut-être, à cette absence des uns, un refus d’obéir, à cette abstention des autres, un abandon pire qu’une trahison. Les seules troupes qu’on avait vues faire leur devoir, celles de son cousin Vercassivellaun, avaient été écrasées, et c’était de leurs dépouilles que se jonchaient à cette heure les camps de César.