—Toi, petit Spirou!

Elle passa la main sur ses yeux très vite, riant et disant:

—Non, non, ce n’est pas ce que tu pourrais croire, Spirou! Personne ne m’a fait de mal, je te jure. Vois quelle folle je suis! Je pleure d’être trop heureuse. Ne cherche pas! Tu ne comprendrais pas.

Ah! ce Spirou! Elle avait beau le combler de sucreries et de petits sous: rien n’avait prise sur ce cœur farouche: il n’était bon qu’à marauder, à grimper aux nids, rusé déjà comme un vrai braconnier.

—Danse avec moi, fit-elle.

Elle l’attira par les épaules et l’entraîna, serré dans la chaleur de sa vie.

Mais le garçon poussait un cri et lui mordait la main. Elle eut peur comme si un homme tout à coup apparaissait derrière l’enfant.

—C’est mal. Qu’est-ce que je t’ai fait, Spirou? Pourquoi m’as-tu mordue?

Avec son souffle court, il avait l’air d’un chat sauvage.

Il haussa les épaules, sans répondre, les yeux bas. Elle, avec ses lèvres, tirait sur le mal léger de la morsure.