— O Mélita… Mélita ! Tu es allée dans le bois l’autre jour avec un homme qui n’était pas Yets, ni moi.

Elle me regarda clairement.

— Oui, fit-elle. Mais avec celui-là ce n’est pas la même chose.

— Tu aimes donc Yets ? lui demandai-je.

Une rougeur monta sous ses yeux comme quand je la rencontrai, il y avait de cela des semaines, sous le hêtre. Et elle n’était plus hardie, elle avait les roses ingénues du premier péché.

— Oh ! me dit-elle en regardant vers les derniers arbres au loin, il y a encore quelqu’un que j’aime mieux que Yets…

Je lui entourai le cou de mon bras et elle ne me fuyait plus. Elle mettait ses petits pieds nus à côté de mes lourdes bottes et elle marchait à mon pas, toute chaude d’été et de désir.

— Il y a donc quelqu’un ? dis-je. Et cependant tu ne veux pas me dire son nom ?

— Je ne sais pas son nom, fit-elle simplement.

Et je pensai qu’en effet, elle ne connaissait pas mon nom. Je sus ainsi que c’était moi l’homme qu’elle aimait mieux que Yets. Nous pénétrâmes dans le taillis, et encore une fois elle m’offrit le trésor de sa chair nue, dans le frisson vert des herbes.