—Oui, un vieux nenfant gâté de sa petite maman—(un goût de veules mignoteries, une malacie de dorlotages poupards, en l'assignant à ce janotisme d'un jargon de nourrice, faisandaient son vice),—un vieux grand nenfant à sa petite maman... sa petite maman!

Accroupi sur le tapis, les bras noués à ses genoux, maintenant il levait un visage canin vers elle et d'une voix veulement navrée, s'affligeait:

—Ah! tu es trop dure aussi pour moi! (Est-ce que tu ne vois pas une tache rouge là sur le mur? Est-ce que tu ne sens pas le plancher trembler sous nos pieds?) Que t'ai-je fait pour me mépriser à ce point?

—Ce que vous m'avez fait?

En enroulant négligemment à son index la mèche qui décorativement lui virgulait la tempe:

—... Mais, rien, absolument rien. Je vous méprise comme je vous aimerais. Il n'y a pas autre chose. Et croyez-vous que je pourrais être la maîtresse que je suis, sans mépris?

—Oh! du moment que tu ne me hais pas, que m'importe le reste! s'écria-t-il. Tiens, je suis à tes pieds. Fais de moi ce que tu veux, à présent. Bats-moi, je ne me défendrai seulement pas... Mais bats-moi donc! Hein! je t'en prie!

Il lui tendait la joue et elle y appliquait une mornifle légère; mais il insistait, l'implorait, en une démence de lâcheté.

—Han! bats-moi fort, oh! han! de toutes tes forces! J'ai besoin d'être battu par ces petites mains!

Alors elle lui allongeait un soufflet au travers du visage, et ce jeu l'amusant, elle finissait par le gifler coup sur coup, corroyant sa peau sous la bourrade de ses petits poignets furieux, toute grisée elle-même de son empire, prise d'un âcre besoin de lui faire mal. Il se mettait à pleurer de vraies larmes, des larmes de petit garçon fouetté, et geignait;