LA CATHÉDRALE DE REIMS
UNE LETTRE DU FRONT
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..... C’est du fond de la plus criante injustice qu’on voit le mieux la justice.
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J’ai essayé de m’élever au-dessus de la mêlée, mais plus je m’élevais, plus j’entendais ses cris et mieux j’apercevais sa démence et son horreur, la justice de notre cause et l’infamie de l’autre. Il est probable qu’un jour, lorsque le temps aura tassé les souvenirs et réparé les ruines, des sages affirmeront que nous nous sommes trompés et n’avons pas regardé d’assez haut, qu’on peut tout oublier, tout expliquer et qu’il faut tout comprendre; c’est qu’ils ne sauront plus ce que nous savons aujourd’hui, et qu’ils n’auront pas vu ce que nous avons vu.
Maurice Maeterlinck.
OUS ce titre: Que deviendra la Cathédrale de Reims? (essai d’une solution collective) nous avons publié dans le numéro de La Revue[2] du 1er Juillet 1917, les résultats d’une enquête ouverte sur cet intéressant et émouvant sujet. Qu’on nous permette d’en résumer ici les traits principaux, puis de reproduire une lettre que nous avons reçue tout récemment du «front», lettre, en tous points remarquable, et, au bas de laquelle nous ne sommes autorisé à inscrire que les initiales P.L. du nom de notre correspondant, sergent d’infanterie au secteur 155.
L’enquête en question fut motivée par une autre lettre venue également du front de guerre, et signée des initiales C.T. Et nous fûmes si vivement séduit par l’indiscutable noblesse du projet qui s’y trouvait formulé que l’idée nous vint d’en faire l’objet d’une consultation qu’il eût été facile d’ailleurs de généraliser davantage.
Voici le texte de cette lettre qui fut d’ailleurs publiée dans l’Art et les Artistes[3]. Mais le sujet est d’ailleurs assez important, assez passionnant, pour qu’on y revienne inlassablement, au grand scandale des entrepreneurs de restaurations, nouveaux vandales, déjà mobilisés à l’arrière.