C'est un indispensable moyen de transport dans les régions montagneuses ou dans les plaines de Russie, du Canada, etc. En Asie les Toungouses se font traîner en ski par des rennes. L'armée russe possède des bataillons de skieurs qui ont parcouru 697 kilomètres en 10 jours par vingt degrés de froid et en pleine tourmente de neige. Nous mêmes avons depuis 1903-4, à Briançon, une école de ski pour les 14e et 15e corps sous la direction du capitaine Bernard; nos premiers skieurs militaires ont été formés par une mission norvégienne et parcourent des distances de 100 kilomètres en une journée. Certains coureurs entraînés dépassent 200 kilomètres en un seul jour. C'est assez dire l'intérêt du ski.
=Traîneaux et bobs.=—Luge, toboggan canadien, bob, bobelet ou bobsleigh, skeleton, ne sont que des variétés de traîneaux sur patins. On luge assis ou couché à plat ventre, ainsi sur le skeleton, à une ou plusieurs personnes sur le même traîneau; et l'on se grise de vitesse en glissant à toute allure, sur les pentes neigeuses ou les pistes de glace. Sport charmant, et qui convient, comme le patin ou le ski, aux deux sexes. Ce n'est pas seulement la Suisse, avec Davos et Moritz dont la piste atteint 1,200 mètres de long, ce sont maintenant les Alpes et les Pyrénées, Chamonix, Briançon, Eaux-Bonnes, etc., qui attirent les amateurs de ces sports. N'avez-vous pas assisté, cet hiver même de 1909, au concours très réussi de luges et bobsleighs et au cross-country de ski, disputé sur les coteaux de Saint-Cloud? Quand aurons-nous un championnat de bobs et skis sur les Champs-Elysées?
La difficulté, en la luge primitive, consistait à la diriger; les courbes multipliaient les occasions de chutes élégantes; on adapte maintenant à l'avant une direction et des freins dont le mécanisme varie, ce qui n'empêche pas lugeurs et lugeuses d'aider aux virages difficiles, en se penchant et en tendant le bras hors du traîneau.
On se sert depuis longtemps au Canada, ou sur les bords de la Volga et autres pays froids, des traîneaux ou yachts à voiles, qui viennent d'être importés en Europe et que nos stations d'hiver connaissent déjà.
En un mot, patin, ski, luges et bobs sont assez passionnants pour nous faire oublier les sports d'été, quand la neige veut bien transformer la France en petite Sibérie.
=V.—LES ARMES=
=L'escrime.=—«C'est l'art de donner sans jamais recevoir». Cette définition que Molière met dans la bouche de la Nicole s'applique à l'escrime de tous les temps. Les Romains tenaient en honneur l' «armatura» et s'exerçaient contre des pieux, comme nos escrimeurs modernes tirent au mur.
L'escrime du moyen-âge n'avait presque rien de commun avec celle de nos jours; on se servait de larges et lourdes épées, en frappant de taille; on paraît avec le bras gauche, armé du bouclier, ou avec la dague; les duels, d'autant plus fréquents qu'ils étaient fréquemment imposés par l'autorité judiciaire, comme «combats de Dieu», étaient presque toujours mortels, le vainqueur achevant au poignard le vaincu. L'escrime n'était alors que l'art de tuer. Nous savons que Paris possédait dans le seul quartier du Marais, «sept escrémisseurs» (maîtres d'escrime) en 1292. Le premier traité d'escrime qui eut de l'influence fut celui de l'italien Marozzo en 1536. Les Espagnols introduisirent l'usage d'une longue et fine lame et vers le milieu du XVIe siècle, à l'épée lourde, espadon, lansquenette, braquemart, succéda en France la rapière effilée. Réglementée par la Boëssière, illustrée par le chevalier de Saint-Georges, l'escrime française était dès lors créée; les maîtres d'armes la perfectionnèrent peu à peu, se transmettant en outre certaines «bottes secrètes», qui permettaient de mettre à mal son adversaire selon toutes les règles de l'art. Le fleuret révolutionna et rénova l'escrime et les duels devinrent moins meurtriers. On raconte qu'un jour le chevalier de Saint-Georges répondit à un maître d'arme insolent qui lui demandait «où il perchait».
«A l'arche Marcon; j'y serai demain matin à six heures.»
Le maître s'y étant rendu, Saint-Georges lui fit sauter l'arme des mains au premier coup; puis, faisant apporter par son nègre une brassée de fleurets, il se procura le plaisir de les briser successivement sur le dos de son adversaire.