=IV.—SUR LA GLACE ET SUR LA NEIGE=

=Patinage.=—Le patin primitif n'était autre chose qu'une chaussure munie d'un morceau de bois durci au feu; on remplaça ensuite le bois par un os de mâchoire de vache ou de cheval; ce patin était encore en usage au XIe siècle; puis on fixa sous la sandale de bois une lame de métal.

On patina furieusement sous Louis XV et sous le premier Empire, époque où le professeur Garcin inventa le patin à roulettes, qui n'est plus guère usité qu'en Amérique; la roulette, permettant de patiner sur les parquets, n'a plus de raison d'être, depuis qu'il existe des établissements offrant toute l'année des pistes de glace artificielle.

Actuellement, le patin comprend une semelle d'acier, traversée en dessous par une lame d'acier; cette semelle est fixée à la chaussure par un étrier à vis, système qui a remplacé depuis 1549 les simples courroies. Un débutant ne manquera pas de prendre quelques «pelles», tant l'équilibre est instable sur la glace polie; en peu de leçons il apprendra à faire les «pas en dedans» et les «pas en dehors», plus difficiles; pour s'arrêter, il faut lever la pointe des pieds et appuyer les talons sur la glace, en courbant le corps en avant, ou bien, méthode plus délicate, mettre les pieds en équerre en rapprochant les talons.

Le patinage est chez nous un sport charmant, élégant; mais il est nécessaire d'émigrer sous des climats plus rudes pour en goûter tous les charmes. Déjà les Berlinois se rendent à leur Versailles, Potsdam, en patinant sur la Havel. En Hollande, c'est un moyen de transport, usité par les paysans et paysannes pour porter leurs denrées aux marchés des bourgs et villes; ils parcourent le lacis de leurs canaux à 20 et 30 kilomètres à l'heure. En Scandinavie, on se lance sur d'immenses lacs, où le patineur, perdu comme une barque en mer, ne voit aucun obstacle arrêter son élan et goûte toutes les voluptés d'une vitesse folle sur un miroir infini. Parfois un cheval entraîne le promeneur qui glisse sur ses patins, sans faire le moindre effort; parfois encore il tient dans ses mains une voile tendue sur une armature de bois et le vent chasse à une allure vertigineuse (jusqu'à 90 kilomètres à l'heure) le hardi patineur.

Des concours et championnats se disputent chaque année en France et à l'étranger. Certains concurrents dansent et valsent sur la glace; les autres y dessinent les figures les plus compliquées: le coeur, le trèfle, la pensée, etc.; d'autres y luttent de vitesse, ayant chaussé le patin de course, beaucoup plus long, 0 m. 60 environ. Tous y font assaut de grâce et de souplesse.

Enfin on joue au hockey sur la glace; les règles sont les mêmes que sur la pelouse; les joueurs qui doivent être d'une très grande dextérité poussent, au lieu de balle, un palet en bois; notons que ce jeu était autrefois connu des Français, qui, notamment en Auvergne, s'adonnaient, sans patin toutefois, à la «crosse» sur les étangs glacés.

Le patinage fait, chaque année, des progrès et voit s'augmenter le nombre de ses partisans en France.

=Ski.=—Le ski ou patin à neige (on écrit aussi sky) se compose d'une longue planche de bois flexible, le plus souvent du frêne, recourbée à l'avant; sa longueur varie selon la taille de la personne à laquelle il est destiné: elle doit être de 1 m. 75 à 2 mètres pour les petites tailles, de 2 m. 15 à 2 m 50 pour les grandes tailles; l'épaisseur est environ de 25 millimètres à la pointe et de 30 millimètres sous les pieds: la largeur est de 10 centimètres. Le ski se fixe au pied, de différentes manières, tout en lui laissant une certaine liberté: par des courroies, un étrier en fer, des attaches avec tendeur-levier Hoyer Ellefsen, etc. Le skieur se sert d'un bâton ferré, d'une hauteur de 0 m. 90 à 1 m. 60 et pourvu à son extrémité inférieure d'une rondelle évidée en bois, en jonc ou en cuir, qui a pour effet d'empêcher le bâton de trop enfoncer dans la neige.

Sport national des Scandinaves, nous voyons dès 1200 les rois se servir de skieurs pour éclairer leurs armées. Le ski n'est connu que depuis peu en France. Les premiers concours de Chamonix eurent beaucoup de succès; le club alpin a grandement contribué à le répandre dans les Alpes, les Pyrénées, en Auvergne même. Sport ou moyen de locomotion, il permet de parcourir rapidement de grandes distances; la vitesse obtenue est vertigineuse sur les pentes escarpées. Il suffit que la neige soit un peu gelée, offrant une légère croûte de glace, pour que le plaisir soit entier. Si le skieur rencontre un obstacle, une crevasse, etc., il la franchit par des bonds énormes qui atteignent 20, 30 et 40 mètres. Ce merveilleux exercice développe la vigueur des muscles, la souplesse du corps et fortifie au plus haut point la volonté et le sang-froid.