Le jeu de paume était très en faveur dans toutes les classes de la société. «Au XIVe siècle[1] tout bon Français prenait de l'ébat, c'est-à-dire se livrait au sport en plein champ ou à huis-clos.» On pratiquait alors la lutte; et les jeux de la soule, de la crosse, du mail.
La Renaissance fit prédominer la culture intellectuelle sur la culture physique; les siècles qui suivirent amenèrent la décadence des jeux, à l'exception des jeux de hasard et des carrousels.
Pendant le XIXe siècle, on s'est livré à l'équitation, au canotage, à la gymnastique. Mais ce n'est guère que depuis une trentaine d'années que, las de la supériorité anglo-saxonne, on s'est décidé, en France, à faire du sport d'une façon consciente et rationnelle.
[Note 1: J.-J. Jusserand. Sports de l'ancienne France.]
SPORTS ATHLÉTIQUES
=I.—LES JEUX DE LA BALLE=
Les jeux de la balle remontent à la plus haute antiquité: Homère dans son odyssée, nous montre Nausicaa, fille de roi, jouant à la balle avec ses compagnes. Les Grecs englobaient divers exercices avec le ballon sous le nom de «sphéristique». Les Romains jouaient à la «pila». De nos jours, la balle est la reine du sport.
=Le football.=—Le football (de l'anglais foot, pied, ball, ballon) est de tous les sports à la mode le plus répandu et celui qui développe au mieux les qualités morales de décision, d'énergie et de sang-froid. Il convient à tous les hommes jeunes et n'exige pas de ses fervents le surmenage physique qu'imposent certains exercices athlétiques. On ne saurait trouver pour la jeunesse de divertissement plus sain; c'est ce qui explique, mieux que toute autre raison, son succès rapide en France.
Ses origines sont assez obscures; on le rattache au «follis» des Latins. Plus près de nous, on lui retrouve dans l'ancienne France une parenté indéniable avec la «soule» bretonne et la «barrette» du Centre. Il est fort probable quoique les Anglais ne veuillent pas le reconnaître, que le football, sport national anglais, n'est qu'un dérivé de ces jeux français qui, d'ailleurs, furent interdits par des ordonnances royales, à cause de leur brutalité et disparurent peu à peu de nos provinces.
Jusqu'au XIXe siècle, la plus grande confusion préside dans les règlements qui régissent les football des écoles anglaises. Ce n'est qu'après 1850 qu'on essaya d'unifier les règles multiples et l'on se trouva alors en présence des partisans irréductibles de deux méthodes différentes: celle de Rugby, permettant l'usage des mains et celle de l'école d'Eton qui n'autorisait l'usage que des pieds. Ces deux formes de football se sont maintenues sous le nom de football Rugby et football Association.