— Eh bien, si, j’y songe.

Il n’y était plus :

— A quoi ?

Elle dit, sombre, avec colère :

— Qu’il faudra te quitter ! Et puis, qu’on ne sait pas au juste quand nous pourrons nous revoir !

Il s’assit dans le lit, reprenant ses sens.

— Cela, c’est affaire à toi à te débrouiller. Pour moi, c’est rare que mes journées soient toutes prises… du moins de façon que je ne puisse me dégager. Le soir, je ne dis pas. En ce moment, je suis secrétaire d’un cercle, et quatre fois la semaine je suis occupé jusqu’à deux heures du matin, quelquefois plus… Les autres soirs j’ai un remplaçant.

Elle continuait de réfléchir.

— Ce qu’il nous faudrait, c’est un petit nid… un coin tout à fait à nous. Pas un sale hôtel… Près d’ici, et dont chacun de nous aurait une clef, de façon à y jeter un coup d’œil dès qu’on aurait un moment. Ce serait si bon de se sentir chez soi, tout à fait libres… Personne qui écouterait, personne qui pourrait entrer… On serait inconnus, perdus… Il n’y aurait plus que nous deux, on serait comme dans une île déserte, on y oublierait tout…

Il soupira avec regret.