— C’est vrai, ce serait délicieux, mais, ma pauvre petite, un appartement, ça serait-il de deux pièces, c’est un luxe qu’avec la meilleure volonté je ne peux pas te donner.
Elle fit un geste d’impatience.
— Eh ! qui te parle que tu le payes ! Il y en a d’autres pour cela.
Il s’assombrit, ouvrit les lèvres, et les referma. Les cils baissés, les paupières demi-closes, elle suivait attentivement l’expression de sa physionomie.
— Allons, explique-toi ? encouragea-t-elle.
Il hésita encore.
— Écoute, j’ai peur d’avoir l’air bête, ou que tu croies que je le fais au sentiment.
— Mais va donc !
— Eh bien, pour te dire franchement, ça me coûterait plus que je ne peux dire si je savais, si je pouvais supposer que l’endroit où, en effet, ce serait si bon de se sentir chez nous, il y en a un autre qui a le droit de s’y trouver de même chez lui… Oui, n’est-ce pas, pour un garçon de ma sorte, c’est des idées ridicules… mais, à l’égard de toi, j’ai des sentiments que je ne peux pas refouler. Bien sûr que je n’ai pas à te commander, tu feras comme tu voudras… Cependant, il faut que je te dise que pour ce qui est de moi, mon bonheur n’y sera plus, et que je préférerais encore un trou quelconque comme ici, parce que, bien entendu, d’autres y ont traîné mais il n’y a eu que nous deux d’ensemble… pas toi avec d’autres.
Elle l’écoutait, les yeux fermés, se laissant envahir par une tendresse brûlante.