Cady sourit ironiquement, se calant avec une jouissance de chatte dans un fauteuil, si profond qu’il avait fallu le garnir de plusieurs coussins.
— Vraiment ?
Marie-Annette fit un geste de mystère.
— Il est ici depuis une heure !
— Ah ! ah !…
— Je l’ai mis à une table de bridge avec Paul, car il était si ému, si bouleversé que je craignais à tout moment la gaffe énorme… Mais je tiens prêt un remplaçant, et je vais te le rendre.
— Ne te presse pas, dit Cady tranquillement.
— Pauvre garçon !… A quel point tu l’affoles, c’est inimaginable !… Lorsqu’il est arrivé, il a balbutié je ne sais quoi d’incohérent pour me certifier qu’il ne t’avait pas vue depuis la veille, au Bellevue-Palace… Il s’est étonné ensuite si peu naturellement que tu ne fusses pas déjà là que je n’ai pu douter que vous veniez à peine de vous quitter… Du reste, quand tu m’avais annoncé sa visite, j’avais eu un soupçon… Il n’est pas beau, mais il est intéressant.
Cady balançait la tête.
— C’est donc de Maurice Deber que tu parles ?