Cady comprit qu’elle était vexée de son mutisme rigoureux.
— Écoute, expliqua-t-elle, j’ai besoin de louer et de meubler en cachette un petit appartement.
Marie-Annette battit des mains joyeusement.
— Chouette ! Quelle bonne idée ! Oh ! mais alors, cela ira tout seul !… Il y a longtemps que je rêve cela aussi !… Nous nous mettrons plusieurs, rien que des femmes, et on installera une fumerie d’opium, celle de la mère Garnier n’est jamais libre !…
Cady secoua la tête.
— Non, ce sera un chez moi exclusivement à moi… Personne n’y entrera, pas même toi.
L’enthousiasme de Marie-Annette tomba.
— Ma parole, tu as un culot ! s’écria-t-elle avec mauvaise humeur. Tu viens demander de l’argent, et tu ne veux faire aucune concession pour l’obtenir !…
Cady reprit avec douceur :
— Je ne te demande pas de l’argent à toi, je te prie de me suggérer un moyen pour m’en procurer, si tu en vois un.