— Vous vous trompez, je suis très heureuse… Pas depuis longtemps, c’est vrai… Mettons depuis hier…

La sincérité de son accent était évidente, et, bien qu’elle ne songeât point à l’abuser, sa pensée volant vers un autre, il ne pouvait manquer d’en prendre le sens à son adresse.

— Oh ! Cady ! balbutia-t-il d’une voix altérée.

Elle revint à elle, le regarda avec surprise et étouffa un rire.

— Oh ! mais, faudrait pas que ça vous suffoque ! s’écria-t-elle avec une intonation gamine.

Et, l’abandonnant, légère, bondissante, elle courut rejoindre le cercle qui entourait Marie-Annette.

— De quoi qu’on se pâme pour l’instant ? demanda-t-elle railleuse, au milieu des regards de jalousie, de suspicion, et de dédain affecté.

Marie-Annette prit son bras, et l’entraîna.

— Allons, Cady, ne fais pas le voyou !…

— Non ! mais, tu sais, il ne faudrait pas que tes copains croient qu’ils se paient ma tête !…