Cady sourit, sceptique.
— Peuh ! il faudrait toujours payer, va !… Les bons dieux, c’est dans son genre encore plus exigeant que le monde, tu peux en être sûr… Et, si cela vous donnait quelque chose gratis par hasard, j’ai idée que cela ne serait pas ce qu’on voudrait… Tous les gens charitables et bons sont comme cela… jamais ils ne s’occupent de vos goûts ni de vos vrais besoins… Les uns vous offrent ce dont ils ne voudraient pas… Les meilleurs vous imposent ce qui leur ferait plaisir à eux, mais ça n’est pas une raison pour que ça fasse votre bonheur à vous.
Georges hocha la tête, et déclara :
— Alors, le mieux c’est de dire zut à tout, et de ne s’occuper que de nous deux ?…
Cady acheva avec mélancolie :
— Et surtout, il faut ne pas penser, ne jamais penser à l’avenir, vois-tu… parce que, c’est le noir…
XV
Après le thé qu’ils venaient de prendre, Cady rangeait minutieusement les ustensiles, avec la joie puérile et profonde que lui causaient les soins de ce ménage pour rire. Un mot de Georges la fit sursauter de surprise, et s’écrier :
— Comment, tu connais Fernande Voisin ?
Georges, la cigarette aux lèvres, souriait.