Enfin Georges posa sa main sur le bras de Cady.

— Je voulais te dire… Je dois m’absenter…

Elle releva les yeux, l’interrogea du regard avec anxiété. Il répondit précipitamment à cette interrogation muette.

— Oh ! pas pour longtemps !… Une quinzaine, à peine…

— Où vas-tu ?

— Dans le Midi… C’est Rosine Derval qui m’emmène… D’abord, je ne voulais pas ; puis, elle a insisté… et dame ! je t’avouerai… tous ces temps-ci, j’ai battu la flemme… Oui, je n’avais guère l’esprit à travailler… Alors, je n’ai plus le rond… A Monte-Carlo, je me referai…

— C’est à Monte-Carlo que vous allez ?

— C’est-à-dire dans un patelin tout près… Mais, tu ne connais que ça !… Cet établissement bâti par des religieuses qui ont traficoté et fait faillite, tu sais bien ?… Hubert Voisin l’a acheté, l’a terminé, embelli, et il veut le lancer, non pas comme villégiature d’hiver, il y en a déjà trop sur la Côte, mais comme séjour de printemps. Il paraît que le site est merveilleux. On inaugure la semaine prochaine, le 2 mai… L’hôtel-casino a huit cents chambres, il y a un vélodrome, un skating, des courts de tennis, un golf, une salle de music-hall avec Rosine Derval et toute une bande select… L’établissement est dénommé à présent « Printemps-Palace ». A partir de l’ouverture, les grands rapides y arrêteront et, de plus, on a organisé un service d’automobiles pour conduire à Monte-Carlo en dix-sept minutes… Or, pour la fête, Mme Voisin se trouvant du voyage et Hubert Voisin recevant officiellement le président du conseil, qui vient faire une cure, Rosine Derval, qui, de son côté, ne peut pas sortir ostensiblement son Hongrois, se trouve un peu délaissée…

Cady, subitement amusée, ne put retenir un éclat de rire.

— Alors, c’est toi qui la présentes en liberté ?… Et Fernande sera là ?… Cela, par exemple !…