— Cette place, Hubert Voisin peut la lui faire donner ; le gouvernement lui a assez d’obligations et ne lui refuse rien. Parle-lui, décide-le à agir pour René.
Cady reprit sa gravité.
— Pardon ! je suis désolée, mais je ne veux rien demander à Voisin.
Jeanne pâlit de désappointement et de colère. Pourtant, sans se décourager, elle insista, avec une douceur simulée.
— Voyons, tu peux bien faire cela pour moi, Cady. Après, je ne te demanderai jamais plus rien. Mais je te supplie aujourd’hui, car vraiment, tu as tout mon avenir dans tes mains.
— Que ne lui parles-tu toi-même ? Tu es aussi intime avec lui que moi.
Jeanne sourit jaune, une lueur de malveillance dans le regard.
— Moi, je suis laide, dit-elle brièvement.
Elle pensait : « Je suis mieux qu’elle, mais je n’ai pas son genre qui affole les hommes. »
Une idée passa dans la tête de Cady qui pouffa subitement.