Elle se rappela l’équipée de leur enfance à laquelle il faisait allusion, et son rire fusa.

— Oh ! plus cuit, tout de même !… Tu te souviens que je l’avais mis dans une casserole, sur le gaz… Il devait être complètement cru… et pourtant, tu l’as mangé !…

Georges fit une grimace.

— Oui, cela me répugne quand j’y pense.

— Dans ce temps-là, tu trouvais exquis tout ce qui s’avalait… Tu étais un peu comme un petit cochon.

— Tu en as mangé aussi, du poulet cru ! se rebiffa-t-il.

— Du tout !… Du moins, je ne me le rappelle pas.

— Ma foi, je ne me souviens pas non plus de son goût… Ce qui est resté dans ma mémoire, c’est mon admiration, ma reconnaissance pour toi, qui venais à mon secours, malgré toutes les difficultés, quand j’étais seul et abandonné.

Il avait sonné. Il donna des ordres à la bonne dépeignée qui se présenta. D’abord, un peu suffoquée, elle finit par reconnaître qu’il y avait un restaurateur, la porte à côté, qui devait avoir du poulet rôti.

— Attention ! recommanda Georges. Un poulet entier, pas de morceaux, et du jus…